Dee Nasty

par Johney Perkins  -  29 Avril 2018, 08:33  -  #Deenasty, #Daniel Bigeault, #Dee Nasty, #Paname City Rappin', #Funkzilla Records, #Cabana Music, #Nothing But Soul Records, #Trad Vibe, #Celluloid, #Rue Stendhal, #Disques Pirates, #Nastyness, #System Dee, #Classique, #Le Deenastyle

De son vrai nom Daniel Bigeault, Dee Nasty (parfois typographié Deenasty ou DJ Dee Nasty) est né en 1960. Daniel est originaire de la cité de la Pierre-Plate, à Bagneux (Hauts-de-Seine). Ses parent déménage en Seine-et-Marne lorsqu'il a 14 ans ; au bout de deux, Daniel s'ennuie et quitte le foyer familiale à 16 ans pour vivre sa vie. En 1978, il eu une platine d’appartement avec un ampli, un tuner et magnéto à bande. L'année suivante, durant un séjour à New York (aux États-Unis), il découvre les débuts du hip-hop, avec le graffiti, la breakdance et le funk scandé comme celui de Sugarhill Gang. Pour la petite histoire, son nom de scène (Dee Nasty) vient d'un quiproquo. Alors qu'il dit passer un disque de GrandMixer D.ST à quelqu'un, cette personne pense qu'il parle de la série télévisée Dynastie. Le DJ apprécie la confusion pour en faire son nom. Il le transforme en D. Nasty (D étant la première lettre de son prénom Daniel). Un jour qu'il demande à Afrika Bambaataa en personne de lui dédicacer son désormais mythique album Planet Rock, ce dernier orthographie le nom du DJ Dee Nasty. Le français décide alors de garder cette orthographe en hommage à Afrika Bambaataa.

Dee Nasty se fait connaître en 1982 pour avoir travaillé sur la radio pirate Ark en ciel FM avec le rappeur Lionel D. Vers la fin de l'année 1984, Dee Nasty publie son premier album Paname City Rappin', aux labels Funkzilla Records et Cabana Music. L'album, désormais introuvable, est le premier du genre hip-hop auto-produit en France. Au dos de la pochette, Dee Nasty laisse son numéro de téléphone personnel. Premier album de rap français et pratiquement unique représentant du hip-hop old-school en France avec, entre autres, le titre Metro Scratch, qui est une bonne description des débuts de la culture hip-hop française, uniquement représentée jusque-là par le graffiti et la breakdance. Dee Nasty abandonne le MCing (partie vocale du hip-hop, scansion de texte) dès 1984 après son premier album, il se consacre ensuite exclusivement au DJing (partie musicale du rap, reposant principalement sur le maniement de vinyles). Il est l'un des tout premiers DJ français à maîtriser l'art du scratch. Dee Nasty, Bad Benny et Webo réalisent la même année, en 1984, un lettrage (un graffiti whole car top-to-bottom), Joyeux Noël et un personnage de Père Noël sur un wagon de métro de la ligne 8 du métro parisien.

Fin 1984, le hip-hop est en déclin en France, l'émission H.I.P. H.O.P. de Sidney est arrêtée et le courant devient "ringard". Dee Nasty est alors critiqué par ses pairs pour mixer et scratcher, choses considérées désormais comme un sacrilège ou une idiotie. Désireux de relancer l'engouement du hip-hop, il part aux Etats-Unis pour en ramener les dernières nouveautés.

En 1985, il se fait connaitre d'un public plus large en organisant les défis hip-hop du terrain vague de La Chapelle, en insérant des flyers (petits prospectus) dans les pochettes des disques funk et hip-hop américains. C'est lors des sessions de ce terrain vague que débuteront les futurs NTM et Assassin. Membre de la Universal Zulu Nation, il a fait la première partie de la tournée française d'Afrika Bambaataa, l'un des pères du hip-hop musical avec Grandmaster Flash et DJ Kool Herc. Sur les ondes de Radio Nova, il invite ses fans les plus virulents à se tester derrière le micro pendant le Deenastyle, animé par le rappeur Lionel D : ce sont alors les débuts live de NTM, MC Solaar, Assassin, Ministère A.M.E.R, et de beaucoup d’autres qui y font tourner la mixtape de leurs débuts (les cassettes de ses mix circulent sous le manteau depuis trois générations). Avant la fin des années 1980, alors qu’il n’existe pas encore d’autres albums de rap français, des artistes font appel à ses dons de mixeur arrangeur et scratcheur comme Cheb Khaled, les Rita Mitsouko, Beastie Boys, Arthur H, et Rufus Thomas.

Au début des années 1990, il participe aux Discomobiles aux côtés de groupe de funk parisiens tels que Malka Family et Human Spirit. À sa discographie personnelle s’ajoute un double album en 1991 et Le Deenastyle en 1993, avec en invités Cut Killer, DJ Abdel, les Princes du Swing (« À nos amis »). En parallèle, il assure les premières parties de concerts parisiens pour, notamment, Public Enemy, The Last Poets, Trouble Funk, Ice-T, Spoonie G., Cash Money, George Clinton et Maceo Parker. Avec ce dernier (transfuge des JB's de James Brown), Dee Nasty inaugure une série de collaborations sur scène, qu’il poursuit avec un autre saxophoniste, le japonais Shimizu.

Il tourne pendant deux ans dans le monde entier avec Cachaito Lopez, contrebassiste du Buena Vista Social Club, aux côtés du percussionniste cubain Anga Díaz, qui l’avait fait venir à Cuba pour enregistrer sur son premier album solo Echu Mingua (World Circuit, 2005). Musicien éclectique, il collabore avec Elephant System et compose avec Manu le Malin, entre autres.

Huit ans après la sortie de Nastyness au label Alki en 2001, son sixième album System Dee est publié le chez Tradvibe, en même temps que la compilation En mode funk chez Wagram Music, avec DJ Bronco, à laquelle succède En mode soul funk en 2010.

Le 16 septembre 2017, il fait une apparition à la Flip Party organisé par Stupeflip.

Dee Nasty & Les Princes Du Swing - A Nos Amis

1987 - Dee Nasty (France) - DMC World DJ Championship Final

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