Figure marquante de l’underground français, Tchiki’O — anciennement Diomay — revient sur le devant de la scène avec une lucidité rare et un désir affirmé de renaissance. Invité sur Grice TV, l’artiste retrace son parcours dense, ses errances, ses choix et cette mue identitaire qui l’a conduit à changer de nom pour mieux repartir. Entre introspection et ambition retrouvée, il présente « Rhodium Vol. 3 », son nouveau projet conçu avec Madzim, comme le symbole d’un nouveau départ, où l’authenticité prime sur les artifices.
Né en 1980 à Paris, d’origines sénégalaise et guadeloupéenne, Diomay — de son vrai nom — baigne très tôt dans la culture hip-hop. Adolescent, il se passionne pour des artistes comme The Notorious B.I.G., Wu-Tang Clan, Jay‑Z, Nas — des références fortes qui façonnent son désir de rapper. Ses premières armes se font dans le collectif lié à l’écurie Néochrome : c’est sur la mixtape Néochrome 2, avec le groupe La Brigade, que Diomay fait ses débuts discographiques — un moment clé, qui le propulse dans le rap hexagonal.
Très vite, il se démarque par une écriture réfléchie et un univers hybride : sensible au rap, mais conscient des dilemmes du milieu, des attentes, des pressions.
En 2004 paraît son premier album solo, Mwen ka Galsen — un disque qui marque un tournant, officialisant son entrée dans l’arène solo, loin des mixtapes, loin des compilations. Dès cette époque, il revendique une volonté : construire une discographie personnelle, maîtriser son art, être acteur de son destin.
📦 Une trajectoire multiple — albums, styles, périodes (entre succès, doutes, réinvention)
Au fil des années, Diomay expérimente, change, s’adapte — sans jamais trahir ce qui fait sa voix. Quelques jalons importants de sa discographie :
Au fil des albums, on sent une maturation artistique : l’artiste ne se contente pas de répéter ce qu’il sait faire, mais interroge ses choix, son rapport à la musique, ce qu’il veut dire, comment le dire.
🔄 Le virage — Tchiki’O, la renaissance & la quête d’authenticité
Le passage de Diomay à Tchiki’O n’est pas anodin. Dans l’évocation de ce changement (notamment dans l’interview diffusée sur Grice TV), c’est une volonté de tourner une page — non pour renier le passé, mais pour se donner la liberté de réinventer son art, sans contrainte, avec honnêteté.
C’est le signe d’un artiste qui, après des années de lutte, de doutes, de remises en question, se recentre — sur son identité, sa voix, ses convictions. L’entretien donne à voir cet état d’esprit : prêt à assumer ses erreurs, lucide quant aux sacrifices et aux compromis, mais aussi déterminé à avancer, à créer, à être cohérent. Il ne s’agit plus seulement de rapper — mais de continuer une quête : celle de la sincérité, de la construction, de l’équilibre entre exigence artistique et vie personnelle. Ce changement de nom incarne en lui-même une métaphore : renaissance, redéfinition, liberté.
🎯 « Rhodium Vol. 3 » & collaboration avec Madzim — un projet « symbole » de renouveau
Dans l’interview Grice TV, Tchiki’O présente Rhodium Vol. 3, en collaboration avec Madzim, comme le reflet de cette nouvelle phase. Un projet mûri, réfléchi, qui incarne ses aspirations présentes — plus profondes, plus intentionnelles.
La collaboration avec Madzim promet une approche renouvelée — aux productions peut-être plus travaillées, à l’écriture plus posée, à l’univers plus cohérent. L’album apparaît comme un pont entre le passé et l’avenir — un pari artistique, mais surtout personnel : prouver qu’après des décennies dans le rap, on peut encore surprendre, évoluer, proposer autre chose.
Ce projet, tel qu’évoqué, se veut donc un défi — un marqueur d’identité, un manifeste d’engagement pour un rap authentique, sans concession.
L’histoire de Tchiki’O (ex-Diomay) est celle d’un homme et d’un artiste : un garçon de banlieue, passionné de rap, qui a misé sur sa voix, ses textes, son instinct. Mais c’est aussi l’histoire d’un survivant — de ceux qui voient les hautes attentes, les doutes, les désillusions, et qui décident malgré tout de continuer.
Avec « Rhodium Vol. 3 », il ne se contente pas d’offrir des morceaux : il offre un témoignage, une introspection, un pari. Et plus qu’un album, c’est une promesse — celle d’un rappeur qui, aujourd’hui, choisit de rester vrai. Pour lui, pour la musique, pour ceux qui l’écoutent.