Dans cet épisode de Grice TV, Nabil, cofondateur d'Addictive Music, se livre avec une sincérité rare. Le format, épuré et intimiste, permet de découvrir un parcours atypique, façonné par la débrouille, l’amour de la musique et une profonde croyance en l’indépendance artistique. Au fil de la discussion, c’est tout un regard sur le monde de la musique qui se dessine : lucide, authentique, ancré dans le réel.
Un parcours construit loin des projecteurs
Nabil fait partie de ces personnes pour qui la musique n’est pas un simple hobby, mais un moteur vital. Son parcours n’a rien de linéaire : il s’est construit entre passion, nécessité et persévérance. Avant même de se retrouver devant les caméras de Grice TV, il a traversé tout ce que le monde indépendant impose : l’autoproduction, les refus, les doutes, les investissements personnels — mais aussi l'apprentissage de l’autonomie.
Au fil de l’interview, il évoque ces étapes sans détour. Loin de l’imagerie glamour souvent associée au milieu musical, il décrit les sacrifices, les heures en studio, les budgets serrés et la capacité à tout faire soi-même : écrire, enregistrer, designer des pochettes, produire, promouvoir. Une réalité que des milliers d’artistes indépendants partagent mais que peu dévoilent publiquement.
Addictive Music : un tremplin pour les artistes indépendants
Le point d’ancrage de Nabil depuis plusieurs années est Addictive Music, un label-distributeur français qui s’est imposé comme un véritable refuge pour les artistes désireux de garder le contrôle de leurs œuvres.
Addictive Music propose ce que les majors ne peuvent plus offrir :
et surtout, une vision basée sur l’indépendance et la transparence.
Pour Nabil, ce partenariat n’est pas anodin. Il parle du label comme d’un espace de confiance, d’un écosystème « à taille humaine » où la relation prime autant que la performance commerciale. Dans un marché saturé, Addictive Music représente pour lui un outil précieux pour exister autrement, en restant fidèle à sa vision artistique.
La vision de Nabil : une musique vraie, libre et connectée au réel
Ce qui frappe dans l’entretien, c’est la maturité de Nabil. Pour lui, la musique n’est pas un décor ni un produit : c’est un langage, un miroir social, une manière de témoigner.
Il revendique une musique :
Il refuse les carcans qui enferment les artistes : la pression commerciale, la recherche du buzz permanent, les stratégies marketing qui dénaturent l’essence de la création. Pour Nabil, un artiste doit « faire ce qu’il ressent », quitte à ce que cela prenne plus de temps. Sa vision tranche avec les récits habituels centrés sur le succès immédiat.
Un artiste qui comprend le rôle social de la musique
L’interview révèle également une dimension plus profonde de sa démarche. Nabil parle de musique comme d’un outil culturel et humain, un espace où l’on peut aborder ses blessures, ses réussites, ses contradictions. Il évoque son rapport au public, aux jeunes qui l’écoutent, et à cette responsabilité qui incombe à ceux qui prennent le micro.
Pour lui, la musique doit permettre :
C’est là que se situe sa force : il incarne un entrepreneur conscient de l’impact de sa parole, sans jamais se placer en donneur de leçons. Un équilibre rare.
En tendant la caméra à Nabil, Grice TV continue d’accomplir une mission essentielle : documenter la culture, donner la parole à ceux qu’on entend peu, capter les trajectoires en construction.
Le média met en lumière des profils sincères, loin des stratégies d’image des grandes plateformes, et donne toute sa place à des artistes comme lui, qui avancent avec passion.
Cette interview n’est pas seulement un portrait. C’est aussi un regard sur la transformation de l’industrie musicale : plus indépendante, plus numérique, plus complexe mais aussi plus accessible pour ceux qui savent s’organiser. Nabil incarne l’une des voies possibles du rap français contemporain : une voie authentique, indépendante, persistante, guidée par la passion plus que par les algorithmes.
Grâce à Grice TV, on découvre un personnage qui avance sans tricher, attaché à l’idée que la musique doit rester vraie. Un message qui résonne dans un monde où tout va trop vite — et où la sincérité reste l’un des derniers luxes.