Dans un entretien long format, le rappeur toulousain Olivio Ordonez, moitié du célèbre duo Bigflo & Oli, s’est livré sans filtre au micro de LeChairman. Au fil de la discussion, l’artiste évoque plusieurs sujets sensibles : les coulisses de l’industrie musicale, son enfance marquée par la maladie, les controverses liées à certaines personnalités publiques, mais aussi ses racines familiales et ivoiriennes.
Un échange dense qui révèle une facette plus intime d’un artiste souvent associé à une image grand public.
Au cours de l’entretien, Oli dresse un portrait lucide du fonctionnement de l’industrie musicale. Derrière les succès commerciaux et les tournées à guichets fermés, il évoque une pression constante : attentes du public, impératifs commerciaux et nécessité de rester créatif dans un système parfois jugé impitoyable.
Selon lui, la musique est devenue un véritable écosystème économique, où l’artiste doit jongler entre création, marketing et image publique. Une évolution qui peut parfois éloigner les artistes de leur passion initiale.
Cette réflexion s’inscrit dans un contexte où de nombreux artistes français interrogent aujourd’hui le rapport entre art et industrie.
L’interview prend une tournure plus personnelle lorsque le rappeur revient sur sa santé durant l’enfance. Oli explique avoir souffert d’un problème pulmonaire : l’un de ses poumons était plus petit que l’autre, ce qui lui a valu une hospitalisation prolongée lorsqu’il était jeune.
Cette période difficile aurait profondément marqué sa vision de la vie. L’artiste explique que cette fragilité précoce lui a appris à relativiser le succès et à privilégier les moments simples.
Dans la conversation, la discussion glisse également vers des figures du rap français, notamment Diam's. Le sujet du harcèlement médiatique et de la pression exercée sur les artistes féminines est évoqué.
Oli souligne à quel point les réseaux sociaux et les médias peuvent amplifier la violence symbolique subie par certaines personnalités publiques. Le phénomène de harcèlement — qu’il soit médiatique ou numérique — est aujourd’hui reconnu comme un problème majeur pouvant affecter la santé mentale et les conditions de vie des victimes.
Impossible d’évoquer le parcours d’Oli sans parler de sa famille. L’artiste rend hommage à ses parents et en particulier à sa mère, souvent évoquée comme un soutien fondamental dans la construction du duo Bigflo & Oli.
Leur père, musicien d’origine argentine, a également joué un rôle essentiel dans leur formation artistique. Cette dimension familiale constitue l’une des signatures du duo toulousain, dont les textes évoquent fréquemment l’enfance, la fraternité et l’identité.
Dans l’interview, Oli aborde aussi les liens culturels et historiques entre la France et l’Afrique, notamment en évoquant la Côte d'Ivoire. Ces références illustrent l’intérêt du rappeur pour les trajectoires diasporiques et les échanges culturels entre continents.
Une ouverture sur le monde qui correspond à l’identité artistique du duo, connu pour mêler introspection personnelle et regard social.
Au-delà des sujets abordés, l’entretien se distingue par son ton : calme, introspectif et souvent philosophe. Loin de l’image caricaturale parfois associée au rap, Oli propose une réflexion sur la célébrité, la responsabilité des artistes et la nécessité de préserver son équilibre personnel.
Une prise de parole qui confirme la place particulière occupée par Bigflo & Oli dans le paysage musical français : celle d’artistes capables de conjuguer succès populaire et discours introspectif.