Le monde du hip‑hop français est en deuil. Calbony MBani, plus connu sous son nom de scène Calbo, cofondateur du duo légendaire Ärsenik, s’est éteint dimanche 4 janvier 2026 à l’âge de 52 ans, a annoncé sa famille via un communiqué officiel. Depuis, artistes, journalistes et amateurs de musique se mobilisent pour célébrer l’héritage d’un artiste discret mais profondément influent.
Dans une émission spéciale de Mehdi Maïzi, intitulée Hommage à Calbo diffusée sur France Inter dans le cadre de À la régulière, le ton est d’abord posé avec une émotion digne mais sincère. L’animateur rappelle combien Calbo n’était pas seulement un acteur de la scène rap : il en était une voix. Une voix qui racontait la rue avec gravité et authenticité, sans recherche ostentatoire de célébrité, mais avec une force narrative qui a nourri des générations de rappeurs.
Formé avec son frère Lino, Calbo avait fait de Ärsenik un pilier du rap français depuis le début des années 1990. Le duo, originaire de Villiers‑le‑Bel, avait séduit par ses textes travaillés et sa capacité à mêler réflexions sociales, introspection et punchlines incisives. Leur premier album Quelques gouttes suffisent… est entré dans l’histoire du hip‑hop hexagonal, porté par des morceaux devenus références.
L’émission de Mehdi Maïzi explore cette trajectoire en donnant la parole à des journalistes et spécialistes, qui racontent comment la musique de Calbo a transcendé les modes et les époques. Au fil de l’émission, on entend aussi des extraits de morceaux qui ont marqué les esprits et des témoignages de rappeurs contemporains l’ayant cité dans leurs propres œuvres — preuve tangible de l’impact intergénérationnel de son travail.
Depuis l’annonce du décès, une vague d’hommages a inondé les réseaux et les médias. De Rohff à La Fouine, en passant par Kery James et d’autres figures du hip‑hop français, nombreux sont ceux qui ont salué la mémoire d’un artiste qu’ils décrivent comme un frère, un mentor ou une source d’inspiration. Certains rappellent aussi l’engagement discret mais réel de Calbo, notamment auprès des jeunes et dans la transmission culturelle.
Cette considération dépasse le simple monde musical. À Villiers‑le‑Bel, les hommages ont même été relayés par des clubs sportifs locaux, symbolisant l’attache de l’artiste à sa ville et l’impact qu’il a eu sur sa communauté.
À rebours des parcours caricaturaux souvent associés au rap, Calbo était salué pour sa constance, son exigence artistique et sa capacité à faire réfléchir sans jamais renier ses racines. L’émission de Mehdi Maïzi, qui consacre près d’une heure à revisiter son œuvre, ses influences et sa place dans l’histoire de la musique française, est à ce titre l’un des nombreux hommages dignes rendus à une figure majeure du rap.
Alors que les voix s’élèvent encore pour louer son travail et que les jeunes générations de fans découvrent ou redécouvrent son catalogue, l’héritage de Calbo, comme le titrait l’émission, paraît plus vivant que jamais.