Alors que beaucoup le pensaient définitivement rangé dans la catégorie des légendes du rap français, Kaaris vient de rappeler une vérité simple : certaines voix ne vieillissent pas, elles deviennent mythiques.
Ce 12 juin 2026, le rappeur de Sevran a dévoilé BYAKUGAN, une mixtape de 14 titres qui marque son retour à un format qu'il affectionne particulièrement : celui de la liberté totale. Un projet sombre, brutal et sans concession, pensé comme une déclaration de guerre à une scène rap qui a parfois oublié ce que signifiait réellement l'expression « présence au micro ».
1 - Le Sevranais
2 - La Chèvre
3 - Huracan
4 - 2ème Prime
5 - On est mauvais
6 - Carré Vip
7 - Rajel
8 - Tiffany
9 - Zaïre
10 - Dope Boy
11 - Van Halen
12 - Camps des Loges
13 - Byakugan
14 - Bientôt (Outro)
/image%2F2721041%2F20260613%2Fob_5a77d0_kaaris-byakugan.jpg)
Depuis plusieurs années, une partie du public réclamait le retour de l'énergie qui avait fait de Kaaris l'un des artistes les plus influents de sa génération. Avec Or Noir, il avait redéfini les codes de la trap française. Avec BYAKUGAN, il semble vouloir renouer avec cet ADN sans tomber dans la nostalgie facile.
Dès les premières secondes de "Le Sevranais", le décor est planté. L'ambiance est froide, les basses sont lourdes et la voix du Dozo frappe comme au premier jour. Le message est clair : Kaaris n'est pas revenu pour participer, mais pour rappeler son statut.
Le titre du projet n'a rien d'anodin. Le Byakugan, célèbre pouvoir du clan Hyûga dans le manga Naruto, permet de voir au-delà des apparences et d'anticiper les attaques. Un symbole qui colle parfaitement à l'univers du rappeur.
Cette référence anime, loin d'être un simple clin d'œil, sert de fil conducteur à une œuvre où Kaaris apparaît comme un vétéran observant le rap français avec un regard lucide. Plus qu'un retour aux sources, BYAKUGAN ressemble à une démonstration de vision.
À l'heure où les albums ressemblent parfois à des compilations de collaborations, Kaaris fait le choix inverse. Les 14 morceaux sont portés exclusivement par lui. Un pari risqué sur le papier, mais qui renforce la cohérence du projet.
La tracklist déroule une succession de titres aux noms évocateurs : "La Chèvre", "Huracan", "Rajel", "Dope Boy", "Van Halen" ou encore le morceau éponyme "Byakugan". Chaque piste participe à construire un univers compact où l'agressivité, l'egotrip et l'imagerie guerrière restent les maîtres mots.
À 46 ans, Kaaris aurait pu choisir la facilité. Capitaliser sur son héritage, multiplier les tournées nostalgiques et vivre sur ses acquis. Au lieu de cela, il livre un projet brut, dense et volontairement rugueux.
BYAKUGAN n'est peut-être pas destiné à conquérir TikTok. Ce n'est pas son objectif. Cette mixtape s'adresse à ceux qui regrettent un rap français plus sombre, plus frontal, plus dangereux.
Et si le rap est une jungle, alors Kaaris vient de rappeler une chose essentielle : le prédateur n'a jamais quitté la forêt.
Verdict : BYAKUGAN n'est pas un retour nostalgique. C'est le cri d'un vétéran qui refuse de devenir un souvenir.