Quand Lino prend la parole, le rap français écoute. Figure incontournable du groupe Ärsenik et considéré comme l'une des plus grandes plumes du hip-hop hexagonal, le rappeur est de retour dans le podcast "Get Busy magazine" où il revient sur plusieurs sujets brûlants : l'évolution du rap, sa relation avec Booba, son histoire avec Lacoste et son nouvel album.
À une époque où les podcast sont souvent calibrées, Lino choisit une nouvelle fois la sincérité. Fidèle à sa réputation, il privilégie la réflexion aux polémiques et livre une vision du rap forgée par plus de trente ans de carrière.
Le rap ne se résume pas aux chiffres
Loin de céder à la nostalgie facile, Lino évoque les transformations du rap français avec nuance. Pour lui, chaque génération possède ses qualités, mais il rappelle que l'écriture, la technique et la personnalité restent les véritables critères qui permettent à un artiste de traverser le temps.
Un discours qui tranche avec une industrie largement dominée par les statistiques de streaming et les tendances des réseaux sociaux.
Interrogé sur Booba, Lino ne tombe pas dans le clash facile. Au contraire, il rappelle le respect qu'il porte au rappeur du 92 pour ses qualités d'écriture et son impact sur le rap français, une admiration qu'il avait déjà exprimée à plusieurs reprises par le passé.
Un rappel qui montre qu'au-delà des débats entre fans, certains pionniers savent reconnaître le talent de leurs contemporains.
Impossible d'évoquer Lino sans parler de Lacoste. Le crocodile est devenu au fil des années un symbole associé à Ärsenik et à toute une génération de rappeurs.
Dans ce podcast, l'artiste revient également sur cette relation particulière entre la marque et le rap français, un lien qui dépasse largement la simple question vestimentaire. Dès les années 1990, Lacoste représentait une véritable identité dans certains quartiers populaires, bien avant les collaborations officielles avec le monde du rap.
L'entretien est également l'occasion pour Lino d'évoquer son nouveau projet. Sans chercher à suivre les tendances, il affirme vouloir rester fidèle à son ADN : des textes travaillés, une écriture exigeante et une musique qui privilégie le fond à la facilité.
Une philosophie qui a construit sa réputation depuis les débuts d'Ärsenik et qui continue de séduire un public attaché au rap d'auteur.
À une époque où les prises de parole se limitent souvent à quelques publications sur les réseaux sociaux, voir Lino développer sa pensée pendant un long échange rappelle pourquoi il demeure l'une des voix les plus respectées du rap français.
Que l'on partage ou non ses analyses, une chose est certaine : lorsqu'il parle de musique, d'écriture ou de culture rap, son expérience donne un relief particulier à chacun de ses propos.