Discret, indépendant et profondément singulier, Népal aurait eu 36 ans ce 12 octobre 2026. Sept ans après sa disparition, son œuvre continue de toucher le public et de rappeler qu’en musique, certaines voix ne s’éteignent jamais.
Il n’avait pas besoin de montrer son visage pour marquer les esprits. Pas besoin d’occuper les plateaux de télévision, de multiplier les apparitions ou de courir après la célébrité. Népal avait choisi une autre voie : celle de la discrétion, de l’indépendance et d’une musique qui se découvre autant qu’elle se ressent.
Né le 12 octobre 1990 à Paris, Clément Di Fiore, connu sous le nom de Népal, aurait célébré ses 36 ans en 2026. Mais le destin en a décidé autrement. Le rappeur est décédé le 9 novembre 2019, à seulement 29 ans, laissant derrière lui une œuvre devenue incontournable pour une partie du public rap français.
À une époque où l’image prend parfois autant de place que la musique, Népal cultivait le mystère. Capuche, visage dissimulé, apparitions rares : l’artiste protégeait son anonymat et laissait ses morceaux parler pour lui.
Cofondateur du collectif parisien 75e Session et membre du duo 2Fingz aux côtés de Doums, il a contribué à façonner une scène indépendante où la créativité primait sur les stratégies commerciales.
Ses projets, notamment 444 nuits, 445e Nuit et KKSHISENSE8, ont progressivement construit son identité. Une écriture introspective, des productions soignées et une atmosphère reconnaissable entre mille : Népal n'essayait pas de ressembler aux autres. Il construisait son propre univers.
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Le 10 janvier 2020, deux mois après sa disparition, son premier album studio, Adios Bahamas, est dévoilé conformément à la volonté de l’artiste et de ses proches.
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Composé de douze titres, le projet réunit notamment Nekfeu, Doums, Di-Meh, Sheldon et 3010. Plus qu'une simple sortie posthume, cet album représente la dernière grande porte d'entrée vers l'univers musical de Népal.
Des morceaux comme Sundance, En face ou Trajectoire prolongent cette impression singulière : celle d'un artiste qui cherchait à raconter quelque chose de personnel sans jamais tout livrer.
Le public répond présent. L'album est ensuite certifié disque de platine, confirmant l'impact durable de son travail.
Parce que son histoire dépasse celle d'un rappeur disparu trop tôt.
Népal représente une autre manière de réussir dans la musique : sans surexposition, sans personnage imposé par les tendances et sans sacrifier son identité artistique. Son parcours rappelle qu'une œuvre peut grandir avec le temps, toucher de nouveaux auditeurs et continuer à vivre bien après sa création.
Le plus frappant reste peut-être ce paradoxe : lui qui avait choisi de rester dans l'ombre est devenu, après sa mort, l'un des noms les plus marquants de sa génération pour de nombreux amateurs de rap.
Chaque année, cette date est l'occasion de redécouvrir ses morceaux, de partager un souvenir musical ou de faire découvrir son univers à ceux qui ne le connaissent pas encore.
Et c'est peut-être là que réside la véritable force de Népal : il n'est pas seulement un artiste dont on se souvient. Il est un artiste que l'on continue d'écouter.
Le temps passe, les tendances changent, de nouveaux noms apparaissent. Pourtant, quelque part, un auditeur découvre encore 444 nuits pour la première fois. Un autre relance Sundance. Un troisième écoute Adios Bahamas et comprend pourquoi tant de personnes restent attachées à cette musique.
Népal aurait eu 36 ans ce 12 octobre. Il n'est plus là, mais son œuvre continue de parler pour lui. Et parfois, c'est la plus belle façon pour un artiste de rester vivant dans les mémoires.