Le 29 octobre 2025 marque la sortie en salles du film français Yoroï, réalisé par David Tomaszewski, et co-écrit par le rappeur et acteur Orelsan, également en tête d’affiche. Ce long- métrage mêle aventure, fantastique, influences asiatiques et questionnements intimes.
Aurélien (Orelsan) décide, après une tournée éprouvante, de s’installer au Japon avec Nanako (Clara Choï), sa femme enceinte de leur premier enfant. Le couple emménage dans une maison traditionnelle en pleine campagne. Aurélien découvre dans un puits une armure ancestrale (“Yoroï” signifie « armure » en japonais) ; ce geste réveille des créatures surnaturelles, les yōkai, et plonge le héros dans une lutte autant extérieure qu’intérieure.
Cette intrigue mêle folklore japonais, huis-clos psychologique, et métaphore de l’armure
Thématiques & Symbolisme
La célébrité et la “coque” protectrice
L’armure occupe une place centrale dans le récit : elle protège, mais elle enferme aussi. Le film en fait la métaphore de la vie d’artiste, du masque public qu’il faut porter. Orelsan le résume parfaitement : c’est « une protection étouffante que l’artiste peine à retirer ».
Paternité et passage de vie
Entre la grossesse de Nanako, le déménagement au Japon et une nouvelle paternité à venir, le héros se trouve à un moment charnière. Ce bouleversement existentiel — âge, couple, famille — l’oblige à se confronter à ses peurs et à s’interroger sur ce qu’il devient.
Folklore, monstres et démons intérieurs
Les yōkai et autres créatures fantastiques ne sont pas de simples ennemis : ils incarnent les angoisses contemporaines — relations toxiques, addictions, harcèlement en ligne, pression médiatique. Le film leur donne corps pour mieux les affronter.
Références pop culture et hommage
Puisant dans la culture populaire asiatique — mangas, films d’action des années 80-90, mythologie japonaise —, le film multiplie les clins d’œil assumés tout en les réinventant avec un regard singulier.
Style & Réalisation
David Tomaszewski, déjà complice d’Orelsan sur plusieurs clips, impose une mise en scène très visuelle, pop et truffée de références.
Le choix du Japon comme décor, la présence de véritables créatures (yōkai) et des scènes d’action chorégraphiées — pour lesquelles Orelsan s’est longuement entraîné — permettent de mêler spectacle et introspection.
Le film ne se limite pas à un simple divertissement d’action : il cherche à raconter quelque chose de plus intime et symbolique, ce qui peut surprendre ceux qui attendent un pur spectacle.
Le mélange des genres — entre action, fantastique, drame et réflexion — déstabilise parfois, mais c’est aussi ce qui fait sa richesse.
Quant à Orelsan, tête d’affiche inattendue, il surprend par son implication ; reste à voir comment le public accueillera l’équilibre entre le personnage et l’univers visuel.
Pourquoi le voir ?
Yoroï est une œuvre française audacieuse, qui ne se contente pas d’en mettre plein les yeux : elle cherche à toucher, à questionner. Entre introspection et mythologie pop, le film marque une étape importante dans la carrière d’Orelsan et dans le paysage du cinéma fantastique hexagonal.
Si vous êtes prêts à revêtir, vous aussi, une armure un peu lourde mais pleine de sens, rendez-vous en salle dès le 29 octobre 2025. Le film dure environ 1h55.