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Dans le paysage parfois lisse du rap hexagonal, certains profils font figure d’irrégularités nécessaires. 25G, alias Le Baroudeur, appartient à cette catégorie rare d’artistes qui avancent à contre-courant, fidèle à une vision rugueuse, populaire et sans compromis. Originaire du Val-de-Marne (94), ce rappeur à la carrure hors norme — 1m90 pour 120 kilos — incarne depuis le début des années 2000 une voix singulière au sein du rap français. 

Élevé au saucisson, à la rillette et au vin rouge, nourri par une culture rap profondément ancrée dans la rue, 25G commence à écrire et à rapper au tournant des années 2000. Très vite, il se rapproche du label Néochrome, notamment par l’intermédiaire de son ami Seth Gueko, figure centrale de cette écurie à l’esthétique brute et provocatrice. Le courant passe immédiatement. 25G devient un membre à part entière de la galaxie Néochrome, multipliant les apparitions sur les projets du label. 

C’est en 2008 que son nom commence à circuler plus largement. Présent sur presque toutes les sorties Néochrome de l’époque, il marque surtout les esprits avec le titre « Cabochards », en duo avec Seth Gueko, extrait du projet Drive by en caravane. Le clip donne une visibilité nationale à ce rappeur au style aussi massif que ses punchlines. 

Un an plus tard, il concrétise cette dynamique avec la sortie de Cabochards (2009), un album qui fait office à la fois de carte de visite et de manifeste. Le projet compile des morceaux marquants de ses débuts tout en proposant quelques titres inédits, posant clairement les bases de son univers. 

25G Cabochards

Puis vient un temps plus discret. Pendant plusieurs années, 25G se fait rare en solo, sans pour autant disparaître complètement. Il refait surface en 2013 sur la compilation Mazter Chefs Muzik de Néochrome, avec un nouveau single vidéo, rappelant qu’il n’a rien perdu de sa verve. En 2014, on le retrouve sur Tirs groupés, toujours chez Néochrome, avec le titre « Route 66 », clin d’œil à son image de baroudeur et à son rap de routier des marges. 

L’année 2016 marque un nouveau temps fort. 25G apparaît sur la compilation Générations 88.2, aux côtés de Seth Gueko, pour le morceau « Cabochard 2 : Camionneurs », suite logique et assumée de leur collaboration emblématique. 

La même année, il sort « Rednecks du terroir » avec Jean Floc’h, et La prière du poulet, un titre qui prolonget son attachement aux figures oubliées et à une France périphérique rarement mise en avant dans le rap. 

25G Rednecks du terroir

Car c’est bien là que réside la singularité de 25G. Se définissant lui-même comme le « Don Quichotte du rap français », il se présente comme le porte-voix des petites gens : ouvriers, ferrailleurs, brocanteurs, SDF, tous ceux : 

qui suent des paluches

Dans ses textes, la vie est souvent décrite comme « sale » ou « chienne », le rap français comme un terrain en déclin où il viendrait régler quelques comptes. Son écriture, volontairement excessive, mêle vieux français, marques de bières bas de gamme et punchlines crues, dans un style à la fois grotesque, lucide et profondément populaire. 

Après plusieurs années de silence, 25G effectue un retour remarqué le 21 décembre 2021 avec le titre « Hustler », en collaboration avec FrenchCali. Une nouvelle apparition qui confirme la constance d’un artiste qui n’a jamais cherché la lumière à tout prix, préférant les chemins de traverse à l’autoroute du succès. 

25G Hustler

Membre historique de Néochrome, 25G demeure aujourd’hui une figure à part du rap français : un rappeur de l’ombre, massif et cabochard, fidèle à ses origines et à ceux qu’il représente. Un baroudeur, au sens le plus brut du terme. 

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