Sorti le 21 septembre 2018, Disizilla, contraction entre Disiz et Godzilla, marque un retour en force et en rugissement pour Disiz La Peste après le plus introspectif "Pacifique" (2017). Cet album se veut plus sauvage, brut et agressif, dans la continuité d’un artiste qui a toujours aimé brouiller les pistes et refuser l’étiquette.
Un exutoire de colère maîtrisée : L’album est traversé par une rage contenue mais assumée. Disiz s’y présente comme un monstre qui crache ses flammes, notamment sur des morceaux comme "Disizilla", "Hiroshima" ou "Ulysse". Il crie ses frustrations, sociales, artistiques, personnelles, dans un rap puissant et nerveux.
Production variée et soignée : Disiz jongle entre les influences trap, électro, boom bap et même des sonorités plus alternatives. La diversité des beats et la qualité de la production donnent une vraie densité sonore à l’album.
Textes incisifs et introspectifs : Sous la colère se cache toujours une profonde réflexion : sur la place de l’artiste dans l’industrie, l’identité, la santé mentale, et les pressions sociales. Le morceau "Tout partira", par exemple, propose une lucidité poignante sur la dépression et la quête de soi.
Équilibre entre bangers et morceaux plus personnels : Il sait alterner des titres explosifs qui électrisent et des pistes où la plume se fait plus intimiste, voire poétique, comme "Terre promise".
❌ Points faibles
Cohérence parfois discutable.
Le côté polymorphe de l’album, bien qu’intéressant, peut aussi diluer son impact global.
Quelques morceaux plus anecdotiques.
"Disizilla" est un album rugueux et volcanique, dans lequel Disiz La Peste se déchaîne artistiquement et personnellement. Il s’y dévoile en monstre, non pas pour écraser mais pour crier son humanité sous-jacente. C’est un album imparfait mais sincère, qui illustre la capacité de Disiz à rester pertinent et créatif après plus de 15 ans de carrière.