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A la régulière de Mehdi Maïzi, diffusé sur France Inter, accueille Disiz afin de faire le point sur sa carrière à l’occasion de la sortie de son quatorzième album, On s'en rappellera pas. L'entretien met en lumière les différents visages d’un artiste en perpétuelle mutation — entre rap, rock, pop, chanson française, cinéma — fidèle à une conviction : ne jamais se figer. 

🧑‍🎤 Origines et premiers pas — les fondations d’un artiste 

Né sous le vrai nom de Sérigne M’Baye Gueye le 22 mars 1978, Disiz grandit à Évry (Essonne), dans un contexte familial métissé — un père d’origine sénégalaise, une mère belge. Très tôt, le rap fait partie de son univers musical : il écoute les piliers du rap français tels que NTM ou IAM — influences majeures qui le marqueront durablement. 

Avant de percer, il fait partie d’un collectif - Rimeurs à gage - puis sort un maxi solo, ce qui attire l’attention sur lui et lui permet d’accéder à des opportunités d’enregistrements, notamment via le soutien de figures déjà établies. 

🚀 Percée et succès fulgurant — “Le poisson rouge” & “J’pète les plombs” 

L’explosion médiatique de Disiz arrive en 2000 avec le single J'pète les plombs, extrait de son premier album Le poisson rouge. Ce morceau, mélange d’humour, d’autodérision et de rage poétique, touche une large audience et propulse l’artiste sur le devant de la scène. Son album marque les esprits — tant par la force de ses paroles que par ses collaborations ciblées, qui montrent une ambition dès le départ : ne pas simplement suivre, mais construire une identité. 

Rapidement, il devient une figure incontournable du rap français des années 2000, avec un style à la fois vif, lucide, dérangeant parfois, mais surtout capable de toucher. 

🔄 Métamorphoses artistiques : du rap au rock, des changements de pseudo, un retour à soi 

Mais Disiz ne se contente pas du succès : il explore. Après plusieurs albums et une notoriété établie, il décide de prendre des risques — quitte à diviser. En 2009, sous l’alias Disiz Peter Punk, il publie un album très différent, mû par une volonté de s’affranchir des codes du rap. Cet écart artistique, loin d’être anodin, témoigne de sa liberté : pour Disiz, l’art ne se réduit pas à un genre. Il traverse les styles — rock, électro, chanson, rap — en revendiquant sa pluralité, refusant de se cloisonner. 

Mais le rap, finalement, le rappelle. En 2012, il effectue un come-back avec l’EP Lucide, amorçant une trilogie (avec Extra‑Lucide puis Transe‑Lucide) qui marque un retour aux fondamentaux — tant dans l’écriture que dans l’attitude. 

💡 Un artiste en quête — textes engagés, conscience, refus du bling-bling 

Tout au long de sa carrière, Disiz a su mêler sensibilité, engagement et lucidité. Il a souvent pris le contre-pied des clichés liés au rap : refus de « glamouriser la violence », refus du « bling-bling », intérêt pour des thèmes profonds, des questionnements sociaux, des doutes. 

Dans ses différentes phases — rap, rock, écriture — se devine un artiste préoccupé par le sens, par le message. Il n’a jamais été attiré par le buzz facile, mais plutôt par la sincérité, l’émotion, et la vérité, quitte à sacrifier la popularité. 

🆕 Aujourd’hui — entre musique, cinéma et maturité 

Avec son nouvel album « On s’en rappellera pas », Disiz continue d’affirmer son désir d’évoluer, de ne pas se répéter. L’interview révèle aussi un projet inédit : l’écriture de son premier film — preuve supplémentaire qu’il voit la création comme un vaste terrain d’expression, sans limite de format. 

À 47 ans, l’artiste apparaît plus serein, plus lucide, prêt à conjuguer toutes ses passions — musique, écriture, cinéma — dans un même souffle. Un symbole que l’art peut être multiple, changeant, vivant. 

Le récit de Disiz est celui d’une renaissance perpétuelle. Il incarne un rap-peur qui refuse l’immobilisme, un créateur prêt à se remettre en question, à transcender les attentes. Dans un milieu souvent en quête de repères, il prouve que l’authenticité, la sincérité et la diversité artistique sont des choix — et qu’ils peuvent durer. 

Ce qui fait de lui non seulement une voix du rap, mais une voix pour le rap — un artiste capable de s’adresser à plusieurs générations, de traverser les styles, d’évoluer sans tricher, tout en restant fidèle à lui-même. 

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