Dans le paysage hip-hop francophone, rares sont les artistes capables de brouiller autant les frontières entre performance technique et culture musicale. Dans cet épisode de Carversation de la chaine youtube En live du fer, Eklips se livre sans filtre sur son parcours, ses débuts et la genèse de son projet Game Time. Une plongée intime dans l’univers d’un artiste à part.
Dès les premières minutes, Eklips remonte le fil de son histoire. Avant d’être reconnu comme l’un des beatboxeurs les plus impressionnants de sa génération, il évolue dans les circuits classiques du rap, notamment avec le groupe Le Remède. Une période fondatrice où il affine son oreille, son sens du rythme et sa culture hip-hop.
Son parcours n’a rien d’un hasard : très tôt, il développe une capacité unique à reproduire les sons uniquement avec la voix, une discipline appelée beatbox — une technique qui consiste à imiter percussions et instruments avec la bouche. Chez lui, cette pratique devient un langage à part entière.
Ce qui frappe dans cet échange, c’est la manière dont Eklips parle de son art : non pas comme une simple performance, mais comme une extension de la culture rap. À travers ses démonstrations, il incarne cette idée d’un artiste total, capable de recréer un univers sonore complet sans aucun instrument.
Reconnu pour ses imitations bluffantes, il s’inscrit dans une tradition unique du hip-hop français, mêlant technique, hommage et réinterprétation. Une approche qui l’a progressivement imposé comme une référence, jusqu’à accumuler des millions de vues et une reconnaissance internationale.
Au cœur de l’échange, son projet Game Time apparaît comme une étape charnière. Plus qu’un simple album, il s’agit d’une synthèse de son parcours : collaborations, influences et volonté d’aller au-delà de l’étiquette d’imitateur.
Eklips y revendique une identité artistique plus large, oscillant entre rap, performance vocale et storytelling. Le projet s’inscrit dans une continuité logique, nourrie par des années de scène, de collaborations prestigieuses et d’expérimentations sonores.
L’entretien ne se limite pas à un récit personnel. L’artiste livre aussi une réflexion sur l’évolution du rap, la place de la technique et les transformations du milieu. Entre admiration pour les pionniers et regard critique sur certaines tendances actuelles, Eklips adopte une posture équilibrée.
Son discours traduit une forme de fidélité à l’essence du hip-hop : créativité, débrouillardise et authenticité.
Le concept même de Carversation joue un rôle clé dans la réussite de l’échange. Loin des interviews figées, la discussion gagne en spontanéité. Les silences, les rires, les démonstrations improvisées : tout participe à dessiner un portrait sincère.
Au final, cette rencontre dépasse le cadre promotionnel. Elle offre une lecture humaine d’un artiste souvent réduit à ses performances techniques.
À travers cette interview, Eklips confirme qu’il n’est pas seulement un virtuose du beatbox, mais aussi un passeur de culture. Entre mémoire du rap et innovation, il incarne une figure singulière : celle d’un artiste capable de faire dialoguer les époques… avec pour seul instrument, sa voix.