Dans cet épisode “CARVERSATION”, Alexis Onestas livre un échange sincère et sans filtre sur son parcours, sa vision de l’entrepreneuriat et le rôle fondamental qu’a joué la culture hip-hop dans sa construction personnelle. Plus qu’une simple interview automobile, cette conversation prend rapidement la forme d’un témoignage sur l’ambition, la transmission et la capacité à transformer une passion en véritable empire culturel.
Au fil du trajet, Alexis Onestas revient sur ses débuts à Épinay-sur-Seine, dans un environnement où le rap agit très tôt comme un déclencheur créatif. Comme il l’a déjà raconté dans plusieurs entretiens, la découverte de groupes comme NTM et de l’émission Rapline marque profondément son adolescence. Très vite, il touche à tout : rap, danse, graffiti, écriture. Mais derrière l’artiste en devenir apparaît déjà une autre personnalité : celle d’un observateur fasciné par les médias, la communication et la structuration de la culture hip-hop.
Cette fibre entrepreneuriale prend forme dès l’adolescence avec la création de son fanzine Omax6mum. Fabriqué artisanalement, le magazine devient rapidement un point de rencontre pour les acteurs de la scène urbaine locale. L’expérience lui apprend les bases du réseau, de la communication et du business culturel. Une étape fondatrice qu’il considère encore aujourd’hui comme le véritable début de son parcours professionnel.
Alexis Onestas insiste justement sur cette idée centrale : le hip-hop lui a appris à entreprendre. Une philosophie du “Do It Yourself” qui traverse tout son discours. Là où certains voient uniquement une culture musicale, lui décrit une véritable école de débrouillardise et d’indépendance. Une mentalité qui l’amènera ensuite à développer plusieurs agences de communication spécialisées dans l’industrie musicale et culturelle.
Mais l’entretien ne se limite pas à une success story classique. Alexis Onestas évoque également les difficultés psychologiques liées à son évolution sociale et professionnelle. Dans plusieurs prises de parole récentes, il parle notamment du syndrome de l’imposteur et du regard parfois limitant porté sur les entrepreneurs issus des quartiers populaires. Une lucidité qui donne à la conversation une dimension plus intime et humaine.
L’un des passages les plus intéressants concerne sa vision de la transmission culturelle. Aujourd’hui à la tête d’OmaxBooks, maison d’édition spécialisée dans la traduction d’ouvrages américains inspirants, Alexis Onestas explique vouloir créer des ponts entre les États-Unis, l’Afrique et la francophonie. Son ambition : rendre accessibles des récits et des modèles de réussite souvent absents du paysage éditorial français traditionnel.
Dans cette conversation mobile et décontractée, Alexis Onestas apparaît finalement comme une figure hybride : à la fois entrepreneur, communicant, éditeur et passeur culturel. Une génération d’acteurs issus du hip-hop qui ne se contentent plus de participer à la culture, mais cherchent désormais à construire leurs propres structures, leurs propres médias et leurs propres circuits économiques.
Avec CARVERSATION, le spectateur découvre ainsi un parcours où le rap n’est pas seulement une bande-son, mais un véritable moteur de vision, de discipline et d’ascension sociale. Un échange inspirant qui rappelle que derrière les grandes réussites entrepreneuriales se cachent souvent des histoires de passion, d’obstination et de culture populaire.