Philippe Hamon est né le 12 juillet 1956. L’aventure commence en 1975, lorsque Philippe Hamon est recruté par Gunnar Larsen, photographe danois installé en France. Il y apprend les fondamentaux : le labo noir et blanc, la précision du tirage, le respect des matières, le sens de la lumière... et l'assister sur le magazine "Mode International". Cette immersion dans l’artisanat photographique marquera toute sa carrière.
Après son service militaire en 1976, il rejoint l'agence Gamma sous la direction de Raymond Depardon, où il développe les films et réalise des tirages pour des photographes de renom tels que Sebastião Salgado et Jean Gaumy. Au contact de reporters aguerris, Philippe Hamon aiguise son regard. Il développe, tire, observe et, très vite, passe lui-même derrière l’appareil. Gamma lui offre ses premiers terrains : reportages sociaux, politiques, actualités, voyages… Une école de l’instant décisif.
Rapidement, Philippe se tourne vers le reportage photographique, couvrant divers sujets sociaux et politiques, notamment en Afrique. Sa passion pour la musique rock le conduit à immortaliser des icônes telles que David Bowie, les Rolling Stones, Téléphone, et bien d'autres. Ses clichés sont publiés dans des magazines spécialisés comme "Rock & Folk" et "Best", ainsi que dans des revues internationales.
Stills Press Agency et l’appel du rock (années 1980)
En 1981, Philippe Hamon cofonde Stills Press Agency, qui deviendra l’un des acteurs incontournables de la photographie musicale. Avec la complicité du quotidien Libération, l’agence diffuse largement les images d’une scène rock en pleine effervescence.
Philippe Hamon immortalise alors des artistes français et internationaux de la scène rock des années 1980 :
Ses photos de concerts, de studios ou de backstage dévoilent une proximité rare. Philippe Hamon ne cherche pas l’effet spectaculaire, mais la vérité d’un geste, d’un visage, d’une fatigue, d’un rire. Ses clichés captent la vibration humaine derrière la performance.
L’indépendance et l’ouverture aux cultures urbaines (années 1990–2000)
À partir des années 1990, Philippe Hamon devient indépendant. Alors que la scène musicale se transforme, il se tourne naturellement vers le rap français, dont il perçoit très tôt la puissance émergente. Là encore, il photographie avec respect, écoute et humilité. Il travaille avec de nombreux artistes hip-hop, documentant un mouvement qui deviendra central dans la culture contemporaine. Cette période constitue un second pan majeur de son œuvre, souvent méconnu du grand public mais essentiel pour comprendre l’évolution de son regard.
Philippe qui réside à Sarcelles devient le photographe attitré de nombreux artistes de rap français, notamment ceux du collectif Secteur Ä, incluant Stomy Bugsy, Passi, et Doc Gynéco. Ses images capturent l'énergie et l'authenticité de cette nouvelle scène musicale, contribuant à sa reconnaissance médiatique.
Philippe est recruté par le groupe de presse CPES (Reggae massive et Hard Rock Magazine) et fait quelques clichés pour les magazines R.E.R. (Rap Et Rue), l'Affiche d'Olivier Cachin ou Groove. Philippe passe régulièrement au studio Blackdoors (rue Saint Lazare) pendant les séances d'enregistrements de nombreux rappeurs : JoeyStarr, le Scteur Ä, Diam's, Sniper...
On peut compter à son tableau de chasse, les rappeurs vitriots du 113, Kery James ou Pit Baccardi dont les photos ont servies à faire leurs covers d'albums ou singles.
Philippe part même outre atlantique prendre des photos des rappeurs du Wu Tang à New-York, De La Soul à Chicago et Xzibit à Los Angeles.
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Au-delà de la musique, Philippe Hamon a également couvert des événements culturels et des tournages de films, collaborant avec des réalisateurs et des acteurs de renom. Son travail a été exposé dans diverses galeries parisiennes, témoignant de sa polyvalence et de son engagement envers la photographie.
Archives, expositions et reconnaissance
Avec plus de 20 000 images d’archives, Philippe Hamon dispose aujourd’hui d’un patrimoine visuel unique couvrant près de quarante ans de musique.
En 2018, l’exposition The Spirit of Rock met pour la première fois en lumière une large sélection de son travail : près de 200 photographies, retraçant l’évolution du rock des années 1980 aux années 2000. L’événement confirme l’importance de son œuvre et l’attachement du public à ces images intemporelles.
Installé en Bretagne (Saint-Brieuc), il continue d’exposer, de partager et de transmettre son travail, souvent sollicité pour des rétrospectives, des projets éditoriaux ou des rencontres avec le public.
Un témoin privilégié de l’histoire musicale
Photographe de l’intime, Philippe Hamon n’a pas seulement documenté des artistes et des scènes : il a conservé la trace vibrante de plusieurs générations. Du rock au rap, il a observé et enregistré la jeunesse, la colère, la créativité, la fragilité, la révolte — toutes ces forces qui façonnent les cultures populaires.
Aujourd’hui, son travail demeure une référence pour qui veut comprendre l’esprit d’une époque. Ses photos, à la fois sensibles et brutales, sont autant de fragments d’histoire, préservés par un homme pour qui l’instant a toujours compté plus que le bruit.