Quatre ans après Nuages, Sopico revient avec un disque qui porte bien son nom : Volez-moi. Seize titres, une guitare toujours proche, des productions plus électroniques et cette sensation permanente d’être entre deux mondes. Un album qui ne cherche pas à faire du bruit — il cherche à laisser une trace.
Il y a des artistes qui reviennent avec un album. Et puis il y a ceux dont le retour ressemble davantage à une réapparition.
Sopico appartient à la deuxième catégorie.
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Le 29 août 2025, le rappeur parisien dévoilait Volez-moi, son deuxième album, quatre ans après Nuages. Seize morceaux, à peine plus de 38 minutes : un format ramassé, presque cinématographique, où chaque titre semble être une nouvelle scène d’un même film intérieur.
Et dès les premières secondes de « A mon avis », le décor est planté : Sopico ne revient pas pour reproduire ce qu’il sait déjà faire. Il revient pour déplacer les lignes.
C’est probablement là que se trouve la clé de Volez-moi.
Sopico n’a jamais été particulièrement intéressé par les cases. Rappeur, guitariste, mélodiste, auteur : il navigue entre ces identités sans demander la permission. Sur ce nouvel album, cette liberté devient même le moteur du projet.
Les productions prennent davantage une direction électronique, tandis que l’écriture conserve cette fragilité qui fait partie de son ADN.
Le résultat est étrange dans le meilleur sens du terme.
On peut passer de « Ça fait mal » à « Le monde », de « Grand cercle » à « Eldorado », puis basculer vers « Derrière la vitre » sans jamais avoir l’impression d’écouter deux fois exactement le même Sopico. La tracklist ressemble moins à une collection de singles qu'à un voyage avec ses accélérations, ses détours et ses moments de suspension.
Le titre de l’album n’est pas anodin.
Volez-moi sonne comme une demande, presque comme un abandon. Pas forcément celui d’un homme qui veut disparaître, mais celui de quelqu’un qui accepte enfin de ne plus tout contrôler.
Et c’est précisément ce qui rend le disque touchant.
Sopico rappe comme quelqu’un qui connaît ses failles mais qui refuse d’en faire un spectacle. Il ne transforme pas systématiquement l’intime en confession. Il le laisse filtrer dans les mélodies, les silences, les images et les changements d’atmosphère.
C’est un disque qui peut s’écouter dans le métro, seul dans une voiture à deux heures du matin ou avec un casque lorsque la ville commence à se vider.
Et peut-être que c’est ça, sa vraie force : il ne demande pas d’attention. Il finit par l’obtenir.
La construction de l’album mérite qu’on s’y attarde.
Avec seize titres — dont « Oh l’ancien » avec Hash 24 et « Une clope après l’amour » avec Sofiane Pamart — Sopico aurait pu tomber dans le piège du disque trop long.
Ce n’est pas le cas.
La collaboration avec Hash 24 apporte une énergie différente au milieu du projet, tandis que Sofiane Pamart apparaît sur le dernier morceau, « Une clope après l’amour », comme une conclusion presque naturellement mélancolique.
Et ce choix de terminer sur ce titre est particulièrement parlant.
Après les egos, les doutes, les ambitions, les mouvements et les accélérations, il reste quelque chose de beaucoup plus simple : une émotion.
Une clope.
Après l’amour.
Et probablement tout ce qu’on n’a pas réussi à dire.
C’est peut-être ce qui rend Volez-moi aussi intéressant dans le paysage actuel.
À l’heure où la musique cherche souvent l’immédiateté, Sopico construit un album qui accepte la nuance.
Il ne cherche pas systématiquement le morceau qui va exploser sur quinze secondes. Il cherche plutôt celui qu’on aura envie de remettre trois mois plus tard.
C’est une différence fondamentale.
Et elle correspond parfaitement à son parcours : après Nuages en 2021, qui avait notamment accompagné une tournée comprenant un Olympia complet, Sopico a continué à développer cette identité à la croisée du rap, de la guitare et de l’acoustique.
Avec Volez-moi, cette identité semble désormais totalement assumée.
Et c’est probablement en concert que le projet révèle toute sa logique.
Sopico a notamment défendu Volez-moi dans une formule intime et acoustique, avec guitare et voix au centre du dispositif. Sa date à La Maroquinerie en février 2026 était complète, avant un passage à La Cigale le 7 mai 2026.
Ce choix n’a rien d’anecdotique.
Parce que derrière les productions électroniques et les arrangements, il reste l’essentiel : Sopico et ses chansons.
Et lorsqu’un album peut fonctionner à la fois avec une production travaillée et dépouillé jusqu’à une guitare et une voix, c’est généralement qu’il possède quelque chose de plus solide qu’une simple esthétique.
Volez-moi n’est peut-être pas l’album de Sopico qui cherche le plus à impressionner.
C’est probablement celui qui cherche le plus à durer.
Il y a dans ce disque une forme de maturité tranquille : celle d’un artiste qui n’a plus besoin de prouver qu’il sait rapper, jouer de la guitare ou écrire des mélodies. Il peut désormais simplement faire cohabiter toutes ces facettes.
Et c’est précisément ce qui rend le projet intéressant.
Sopico ne choisit pas entre le rap et la chanson, entre l’électro et l’acoustique, entre la pudeur et l’ambition. Il choisit tout.
Alors oui, Volez-moi porte bien son nom.
Parce qu’au fond, ce disque ne demande pas seulement à être écouté.
Il demande à être vécu.
Et quatre ans après Nuages, Sopico prouve une chose : certains artistes ne reviennent pas pour reprendre leur place.
Ils reviennent pour montrer qu’ils ont grandi.
Volez-moi, sorti le 29 août 2025, est disponible en 16 titres, notamment sur les plateformes de streaming.