Dans un paysage du rap français en constante évolution, un nom commence à émerger avec force : Timar. À tout juste début de carrière officiellement marqué par la sortie de son premier album Requiem, le jeune artiste s’impose déjà comme l’un des rookies les plus prometteurs de 2026, comme l’a souligné Mehdi Maïzi lors de son émission récente.
Ce qui frappe d’emblée chez Timar, c’est sa trajectoire atypique. Originaire du 94, département historiquement fertile en talents hip‑hop, il ne s’est pas lancé dans la musique par un rêve d’enfant, mais plutôt par une nécessité d’expression. Il raconte avoir commencé à écrire bien avant de rapper, mêlant poésie, histoires et théâtre avant que le rap ne s’impose naturellement comme un moyen d’expression puissant.
Ainsi, loin des clichés du « jeune qui veut juste faire du bruit », Timar revendique une écriture introspective et réfléchie, nourrie autant par sa vie que par les influences du rap des années 2000 qu’il a découvert dans les écoutes de ses frères.
Avec la sortie de Requiem en décembre dernier, Timar affirme sans détour son ambition. Alors que beaucoup de rookies privilégient mixtapes et EP pour tester les eaux, lui a choisi directement l’album, signe d’une volonté palpable de s’installer durablement dans le game. Un choix motivé par la volonté de ne pas simplement « commencer », mais de marquer un cap décisif dans sa carrière.
L’album mêle des thèmes personnels, des observations sociales et des références assumées à ses origines — qu’il évoque avec sincérité, même si celles‑ci ne se traduisent pas littéralement dans un son afro‑centré. Sa musique est plus une synthèse de ses visions et vécus, qu’une simple imitation d’un style.
L’interview donne aussi à voir un artiste conscient des codes de l’industrie musicale, mais résolument déterminé à ne rien céder sur ses valeurs. Timar confie ne pas être attiré par les collaborations opportunistes, même si elles peuvent accroître la visibilité ou rapporter davantage. Il préfère creuser son propre sillon, convaincu que le rap doit avant tout rester authentique, spontané et émotionnel.
Cette ligne de conduite se reflète aussi dans son rapport aux chiffres et aux plateformes : s’il admet que le nombre d’auditeurs est parfois un indicateur utile, il refuse de le laisser définir sa musique ou sa légitimité.
Alors que 2026 se profile, Timar apparaît comme un artiste déjà conscient de ce qu’il veut construire : un rap qui touche, interroge et possède une véritable identité, loin des modes éphémères. Sa trajectoire est une preuve que, dans un rap français en pleine mutation, il est possible de faire de l’intime un vecteur de puissance artistique.
Le rookie du moment ? Peut‑être. Mais assurément un nom que l’on verra encore et encore cette année.