Et si le rap français s’apprêtait à vivre l’un de ses marathons les plus fous ? Du mercredi 2 septembre à midi au dimanche 6 septembre 2026 à 16h, le Freestyle Villette, à Paris, va devenir le théâtre d’un défi hors norme : « Les 100 Heures de Rap Non Stop ». Pendant plus de quatre jours, les micros ne devront quasiment jamais s’éteindre.
100 heures.
Le chiffre suffit à donner le vertige.
Du 2 au 6 septembre 2026, Paris va accueillir une expérience qui dépasse largement le simple concert ou festival. À Parc de la Villette, le Freestyle Villette accueillera « Les 100 Heures de Rap Non Stop », un marathon consacré au freestyle, à la création et à la rencontre entre plusieurs générations de rappeurs. La Villette présente l'événement comme un format de quatre jours et quatre heures de freestyle continu, structuré autour de sessions successives.
Si les 100 Heures de Rap Non Stop font la part belle à la relève, plusieurs noms bien connus des amateurs de rap français seront également de la partie. Rockin’ Squat, figure historique du mouvement et membre d’Assassin, viendra notamment poser son flow lors des dernières 24 heures. À ses côtés, on retrouvera Busta Flex, l’un des visages emblématiques du rap français de la fin des années 1990, mais aussi Alibi Montana, Tekilla, Davodka, Kacem Wapalek, Leeroy ou encore Eklips, réputé pour ses performances vocales et ses imitations de flows. Le public pourra également compter sur des artistes comme A2H, Since, D.Ace, Akesra ? et plusieurs représentants de différentes générations du mouvement. Une programmation qui donne tout son sens à l’ambition de l’événement : faire dialoguer les pionniers, les artistes confirmés et la nouvelle génération autour d’une seule et même passion, le freestyle. Et avec 300 artistes annoncés pour les 24 dernières heures, le véritable défi sera peut-être de réussir à ne pas décrocher du micro… ni du livestream !
Le concept est aussi simple qu'impressionnant : faire se succéder les artistes pendant 100 heures consécutives de freestyle, en live mais également en livestream.
Le projet prévoit 100 créneaux d'une heure, avec des DJ, des MC, des compositeurs, des personnalités et des artistes issus aussi bien de la scène émergente que de générations déjà installées. Les performances seront notamment accompagnées de productions originales, avec une volonté affichée de mettre également les beatmakers sous les projecteurs.
Autrement dit, il ne s'agit pas simplement d'empiler les noms sur une affiche.
L'idée est de créer une gigantesque chaîne artistique.
Un rappeur arrive.
Un DJ lance une prod.
Un autre MC prend le relais.
Un beatmaker construit une nouvelle ambiance.
Puis un autre artiste entre dans la danse.
Et ainsi de suite.
Pendant 100 heures.
L'une des particularités du projet réside justement dans son ouverture.
L'organisation annonce la présence de 300 artistes, avec des pionniers et artistes confirmés, mais aussi 100 artistes en développement et 100 artistes encore inconnus du grand public. Le tout dans une démarche présentée comme bénévole et intergénérationnelle.
Une manière de rappeler que le rap ne se résume pas aux artistes qui remplissent les Zéniths ou accumulent les millions de streams.
Il y a aussi ceux qui commencent.
Ceux qui rappent dans leur chambre.
Ceux qui écument les open mics.
Ceux qui écrivent depuis des années sans avoir encore trouvé leur public.
Et ceux qui ont déjà marqué l'histoire du mouvement.
Les 100 Heures de Rap Non Stop veulent réunir tout ce monde au même endroit.
Pour comprendre l'origine du projet, il faut remonter quinze ans en arrière.
En 2011, Pauline Raignault avait déjà organisé « Les 50 Heures de Rap Non Stop » sur Goom Radio. L'événement avait réuni plus de 250 artistes et était devenu un souvenir marquant pour ceux qui avaient suivi cette performance hors normes.
En 2026, l'idée revient.
Mais cette fois, il ne s'agit plus de 50 heures.
Le compteur est doublé.
Pauline Raignault relance donc la machine avec un objectif particulièrement ambitieux : transformer cette nouvelle édition en un immense rendez-vous du rap et tenter de décrocher une reconnaissance du Guinness World Records.
Le pari est clair : faire du freestyle un spectacle à part entière et montrer qu'il peut tenir un public en haleine pendant plusieurs jours.
À l'heure où les morceaux sont de plus en plus produits, calibrés et pensés pour les plateformes de streaming, « Les 100 Heures de Rap Non Stop » proposent finalement un retour à quelque chose de beaucoup plus brut.
Un micro.
Une instru.
Des mots.
Et la capacité de réagir dans l'instant.
Le freestyle représente l'une des formes les plus spontanées de la culture hip-hop. Il permet de mesurer l'improvisation, la technique, le sens de la formule et cette capacité à rebondir lorsque rien n'est écrit à l'avance.
Le projet entend justement remettre cette pratique au centre.
La programmation sera organisée en sessions d'une heure, permettant aux différents profils de se succéder et de faire évoluer constamment l'ambiance.
Pas besoin d'attendre trois minutes pour le refrain. Ici, le rap est censé vivre dans l'instant.
Autre ambition affichée : réunir plusieurs générations du rap français.
Les pionniers.
Les artistes confirmés.
Les nouveaux visages.
Et ceux que personne ne connaît encore.
C'est peut-être là que réside le véritable intérêt du projet.
Parce que le rap français possède aujourd'hui une histoire suffisamment longue pour voir cohabiter des artistes ayant découvert le hip-hop dans les années 1980 ou 1990 avec des rappeurs ayant grandi directement à l'ère du streaming, de TikTok et des réseaux sociaux.
Les 100 Heures veulent faire dialoguer ces générations.
Une rencontre entre héritage et renouvellement.
Entre les fondamentaux et les nouvelles pratiques.
Entre ceux qui ont construit la culture et ceux qui écriront peut-être ses prochaines pages.
Attention cependant : le public ne doit pas imaginer qu'il faudra rester quatre jours et quatre nuits dans la salle.
La billetterie fonctionne par créneaux de trois heures, répartis sur les cinq journées de l'événement. Le dernier créneau, le dimanche 6 septembre, s'étendra exceptionnellement de 12h à 16h, soit quatre heures.
Les tarifs annoncés commencent à 19 € pour le tarif classique, tandis que l'offre VIP est proposée à 20 €.
Une façon de permettre au public de choisir son moment et de participer à cette gigantesque fresque sans avoir à y passer 100 heures.
Parce qu'après 100 heures de rap, il fallait bien une dernière soirée.
Un AfterShow officiel est prévu le dimanche 6 septembre de 20h à 1h à la Centrale Chapelle. Le billet est indépendant de celui de l'événement principal et 1 300 places sont annoncées.
Une manière de refermer le chapitre après plusieurs jours de performances.
Le micro se tait.
La dernière prod s'arrête.
Mais l'aventure continue encore quelques heures.
Il y a également un moment qui devrait concentrer une grande partie de l'attention.
Les créneaux allant du samedi 5 septembre à 16h au dimanche 6 septembre à 16h seront entièrement consacrés à la tentative de record du monde Guinness. Leur programmation et leurs modalités d'accès seront différentes de celles des autres créneaux.
Autrement dit, les dernières 24 heures seront celles où le défi prendra une dimension encore plus historique.
Le chrono tournera. Le public sera là. Les artistes devront tenir.
Et au bout des 100 heures, une question restera :
le rap français aura-t-il réussi son pari ?
Le rendez-vous est donc fixé.
📍 Freestyle Villette – 30 avenue Corentin Cariou, Paris 19e
📅 Du mercredi 2 septembre à 12h au dimanche 6 septembre à 16h
🎤 100 heures de freestyle rap
🎧 Artistes confirmés, talents émergents, DJ et beatmakers
📡 Live et livestream
Après les 50 Heures de Rap Non Stop de 2011, le défi change donc d'échelle.
Et peut-être que c'est justement ça, le plus intéressant.
À une époque où tout va vite, où les morceaux sont consommés en quelques secondes et où les tendances changent chaque semaine, 100 heures de rap non-stop obligent à ralentir, à écouter et à laisser la culture vivre.
Des anciens.
Des nouveaux.
Des inconnus.
Des passionnés.
Des techniciens.
Des producteurs.
Des MC.
Et un public.
Pendant 100 heures, le rap ne sera plus seulement une musique : il deviendra un marathon.
Et si, au bout du compte, Paris écrivait tout simplement une nouvelle page de l'histoire du hip-hop français ?