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Blanco Némésis : Booba face à son propre mythe
4 juin 2026

Blanco Némésis : Booba face à son propre mythe

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Dix ans après le classique Nero Nemesis, Booba revient avec un titre chargé d'attentes et de symboles. Blanco Némésis n'est pas simplement un nouvel album : c'est une promesse. Celle d'un miroir inversé, d'une renaissance artistique, voire d'un dernier grand coup de force du Duc. Le problème, c'est que l'album semble davantage prisonnier de son héritage qu'inspiré par lui. 

1 - Némésis 

2 - Kendall 

3 - Seychelles 

4 - V featuring Huntrill 

5 - Tout ira bien 

6 - BZK featuring Matra 

7 - CB featuring Chaax 

8 - Valentine 

9 - Filtré featuring Aïshé 

10 - Les zhommes 

11 - Tempête 

Musicalement, Blanco Némésis est irréprochable sur la forme. Les productions sont modernes, léchées, souvent élégantes. Les basses sont massives, les mélodies aériennes et le mixage répond parfaitement aux standards internationaux. Mais cette qualité technique finit paradoxalement par devenir une faiblesse : tout est propre, rien n'est sale, rien ne déborde. Là où le Booba des grandes années imposait une vision, celui de 2026 semble parfois suivre des recettes qu'il a lui-même contribué à populariser. 

Le principal reproche tient à l'impression de déjà-vu. Les thèmes restent les mêmes : réussite, domination, solitude du sommet, règlements de comptes. Le flow, toujours maîtrisé, manque cependant de surprise. À plusieurs reprises, on a le sentiment d'entendre une variation de morceaux déjà explorés sur Trône, Ultra ou Ad Vitam Æternam. Cette répétition nourrit une frustration d'autant plus forte que Boob a longtemps été considéré comme l'artiste capable d'anticiper les tendances plutôt que de les recycler. 

Pourtant, tout n'est pas à jeter. Des titres comme « Kendall », « V » ou « Némésis » ont une efficacité immédiate et leur capacité à rappeler le Booba froid et calculateur qui a bâti sa légende. 

Le vrai problème de Blanco Némésis est peut-être son titre. En choisissant de convoquer l'ombre gigantesque de Nero Nemesis, Booba a invite lui-même à la comparaison. Et cette comparaison lui est rarement favorable. Là où Nero Nemesis brillait par sa cohérence, sa noirceur et sa capacité à capturer une époque du rap français, Blanco Némésis ressemble davantage à une collection de morceaux efficaces qu'à une œuvre majeure. 

Au final, Blanco Némésis n'est ni un naufrage ni un classique. C'est l'album d'un monument du rap français qui maîtrise encore parfaitement ses outils mais peine à retrouver l'étincelle qui faisait de chaque sortie un événement artistique autant qu'un événement médiatique. À force de vouloir affronter sa propre légende, Booba se retrouve face à son adversaire le plus redoutable : le souvenir du Booba d'hier. 

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