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Akro : du micro à la direction, itinéraire d’un artisan du hip-hop belge
26 avril 2026

Akro : du micro à la direction, itinéraire d’un artisan du hip-hop belge

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Akro livre un témoignage dense, entre souvenirs personnels et analyse lucide de l’évolution du rap. Une prise de parole rare, à la croisée de l’histoire et de la transmission. 

Des débuts dans un hip-hop encore marginal 

Avant d’être un nom reconnu, Akro est d’abord un adolescent plongé dans une culture encore underground. Influencé par les pionniers du rap, il commence à écrire dès les années 90, à une époque où le hip-hop peine à être pris au sérieux en Belgique. 

Il rejoint rapidement le groupe Starflam, formation emblématique née entre Liège et Bruxelles. Avec des albums marquants comme Survivant, certifié disque de platine, le collectif s’impose comme l’un des piliers du rap belge. 

Akro revient sur cette période fondatrice : celle des studios improvisés, des débuts artisanaux et d’une scène encore en construction, où chaque avancée relevait du combat. 

Starflam, entre succès et tensions 

Mais derrière la réussite, l’histoire de Starflam est aussi celle d’un groupe confronté aux réalités humaines. Comme beaucoup de collectifs, il doit faire face aux ego, aux divergences artistiques et à l’usure du temps. 

Akro évoque sans détour cette dynamique : une aventure intense, mais fragile. Une expérience qui, malgré sa fin progressive, aura marqué durablement la scène hip-hop francophone. 

Cette lucidité donne à son discours une dimension particulière : celle d’un acteur qui a vécu l’intérieur du “rap game”, bien avant sa professionnalisation massive. 

Une reconversion au cœur des médias urbains 

L’un des aspects les plus marquants de l’interview reste son virage professionnel. Loin de se limiter à une carrière d’artiste, Akro opère une transition vers les médias en cofondant Tarmac en 2017, un projet dédié aux cultures urbaines. 

Pensé pour une nouvelle génération, ce média incarne une évolution logique de son parcours : continuer à défendre le hip-hop, mais autrement. En tant que chef éditorial, il devient un passeur, un observateur et un structurant de la culture. 

Cette transition est présentée non pas comme une rupture, mais comme une continuité. Le même engagement, simplement déplacé du micro à la direction. 

Une vision globale du hip-hop 

Ce qui ressort de l’entretien, c’est une vision complète du hip-hop : artistique, sociale et médiatique. Akro ne parle pas seulement de musique, mais d’un écosystème. 

À travers son parcours — du MC au manager, de la scène aux plateformes digitales — il incarne une génération qui a vu le rap passer de la marge au centre. 

Il insiste notamment sur la nécessité de transmettre, de structurer et de raconter cette culture, encore trop souvent mal comprise ou mal documentée. 

Entre mémoire et transmission 

Aujourd’hui, Akro apparaît comme un témoin privilégié de l’histoire du rap belge. Son livre Rap Game s’inscrit d’ailleurs dans cette volonté de documenter un mouvement encore jeune, mais déjà riche. 

Il adopte une posture de transmission : raconter pour ne pas oublier, expliquer pour faire comprendre. 

Avec cette prise de parole, Akro dépasse le simple cadre de l’interview. Il propose une lecture du hip-hop sur plusieurs décennies, entre vécu personnel et analyse globale. 

De Starflam à Tarmac, son parcours illustre une réalité essentielle : le hip-hop n’est pas seulement une musique, c’est un engagement qui peut prendre de multiples formes. 

Une trajectoire cohérente, fidèle à une seule ligne directrice : faire vivre la culture. 

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