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Né Mohamed Bendjebar le 17 juin 1982 dans le quartier d’Orgeval à Reims, El Matador grandit loin de la Champagne. Après le divorce de ses parents, il s’installe à Marseille, où il passe son enfance au sein d’une fratrie de sept enfants. C’est dans la cité phocéenne que se forge son identité, artistique comme personnelle.
Figure marquante du rap marseillais des années 2000, il s’impose avec un style direct, nerveux, traversé par une conscience sociale assumée.
L’école marseillaise
Comme beaucoup de rappeurs de sa génération, il grandit en écoutant IAM et Fonky Family. À 17 ans, il commence à rapper avec ses amis avant de fonder le groupe Processus Verbal avec Abdé. Son blaze, il le doit à son entourage. Sur les instrumentales, il « tue » les morceaux. Le surnom s’impose : El Matador. Une signature qui colle parfaitement à son énergie incisive.
Repéré dans l’underground marseillais à coups de mixtapes et de scènes locales, il attire l’attention de poids lourds du rap. Le Rat Luciano lui compose plusieurs titres. Soprano l’encourage à multiplier les allers-retours entre Marseille et Paris pour élargir son réseau. Une dynamique qui le mène à signer chez Bombattak Recordz.
Il apparaît sur la mixtape Original Bombattak Vol. 2 et participe à la bande originale de Taxi 4 avec le titre Génération Wesh Wesh. On le retrouve également sur la version française du film 300 avec À Armes Égales, aux côtés de Brasco et Alonzo, membre de Psy 4 de la Rime.
En 2006, il publie avec Brasco Bombattak MC’s, un projet collectif réunissant notamment Oxmo Puccino et Pit Baccardi. Une carte de visite solide.
L’affirmation en solo
Le 10 septembre 2007, El Matador sort son premier album, Parti de rien. Le titre sonne comme un manifeste. Porté par des collaborations avec Brasco et Soprano, l’album séduit un public fidèle et s’écoule à environ 30 000 exemplaires. Le rappeur s’installe durablement dans le paysage.
Album en écoute (clique sur la cover)
Deux ans plus tard, Au Clair du Bitume confirme la trajectoire. L’artiste y affirme davantage ses racines maghrébines, glissant de l’arabe dans des titres comme Mektoub ou Ici ou là-bas. Environ 20 000 exemplaires vendus : le public suit.
En 2011, il choisit la proximité avec ses fans en publiant gratuitement la mixtape Escale sur la lune sur Facebook. Vingt-neuf morceaux, entre inédits et freestyles, comme un laboratoire avant la suite.
L’ère « Polémiquement incorrect »
Avec Poussières d’étoiles (2012/2013), El Matador entre dans une phase plus introspective. Le premier extrait, Fou le Woai, donne le ton. Mais c’est surtout Polémiquement incorrect, mis en ligne le 19 octobre 2012, qui fait parler. Dans ce morceau frontal, il critique ouvertement certains travers de la société française.
Le clip est brièvement retiré de YouTube après une plainte du groupe 1995 pour l’utilisation non autorisée d’un extrait vidéo. Il sera remis en ligne, expurgé de la séquence litigieuse. L’épisode renforce son image d’artiste sans filtre.
En 2014, il se produit pour la première fois en Algérie, une date symbolique dans le pays d’origine de sa famille.
Puis vient XIII NRV en 2015, clin d’œil assumé à Marseille et à son département. Il y dévoile Polémiquement incorrect 2, prolongeant son positionnement critique.
Fidèle à sa ligne
Les années suivantes, El Matador enchaîne avec Summer Session 1 (2016), puis Male dominant (2017) et le projet XIII. Une productivité constante, sans renier son ADN.
Ancré dans Marseille, fier de ses origines algériennes, El Matador s’inscrit dans la tradition d’un rap à la fois identitaire et contestataire. Son écriture, héritée de l’âge d’or des années 1990-2000, mêle rage, introspection et dénonciation sociale.
Plus de quinze ans après ses débuts, il demeure une figure à part du rap indépendant français : un artiste qui avance sans compromis, fidèle à ses convictions et à son public.