De son vrai nom Lamine Diakité, Guizmo est né le 21 janvier 1991 à Villeneuve-la-Garenne. D’origine guinéenne, il s’est imposé en une décennie comme l’une des plumes les plus introspectives du rap hexagonal. À contre-courant des tendances clinquantes, il a bâti sa réputation sur une écriture à fleur de peau, où se mêlent mélancolie, autodérision et confessions brutes.
Dans ses premières interviews, il évoque ses chocs musicaux fondateurs : Tupac Shakur et The Notorious B.I.G., mais aussi Salif, Booba ou MC Solaar. Un mélange d’influences où la rue côtoie la poésie, où l’égotrip se teinte de doutes existentiels.
La première exposition médiatique de Guizmo se fait via les Rap Contenders et les open mics parisiens. Rapidement, il rejoint L'Entourage, collectif alors en pleine effervescence, aux côtés de Nekfeu, Alpha Wann ou encore Jazzy Bazz.
Mais l’aventure collective sera de courte durée. Divergences artistiques, personnalité entière, besoin d’indépendance : Guizmo choisit rapidement de tracer sa propre route. « Tous ensemble, chacun pour soi », pourrait-on dire en clin d’œil à l’un de ses albums fétiches.
En 2011, à seulement 20 ans, il sort son premier album, Normal. Le disque est un choc d’estime. Guizmo y déballe ses fêlures : alcool, solitude, colère, erreurs judiciaires. Sa voix éraillée, son flow capable d’alterner phases chantées et couplets rappés, donnent corps à des textes d’une sincérité désarmante.
Le public accroche immédiatement. Il y a chez lui quelque chose d’authentique, presque dérangeant. Guizmo ne joue pas au voyou : il raconte, sans fard, les conséquences de ses actes et le mal-être qui l’accompagne. Cette franchise deviendra sa signature.
En 2012, La Banquise vient confirmer l’essai. Plus sombre encore, plus cru, l’album creuse les thèmes de l’isolement et des addictions. Guizmo s’y montre sans concession, capable d’une grande tendresse comme d’une violence verbale frontale.
La même année, C’est tout poursuit cette exploration intime. Famille, relations complexes, précarité : l’artiste élargit sa palette tout en restant fidèle à son ADN. Il s’impose alors comme l’une des voix les plus singulières de sa génération.
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En 2013, il participe au projet Jamais 203 avec Despo Rutti et Mokless, preuve qu’il reste attaché à une certaine idée du rap de rue, exigeant et sans compromis.
De Dans ma ruche (2014) à #GPG (2016), puis Amicalement vôtre (2017), Guizmo affine son art. La maturité artistique est palpable : les productions gagnent en ampleur, l’écriture en profondeur.
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Avec Renard (2018) et GPG 2 (2019), il consolide une fanbase fidèle. L’artiste ne cherche pas le tube facile ; il privilégie la cohérence et la narration personnelle.
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En 2020, Lamine marque un tournant. Derrière le pseudonyme, l’homme apparaît plus que jamais. L’album est salué pour sa sincérité et son introspection poussée. Un an plus tard, 10 Ans vient célébrer une décennie de carrière : souvenirs, bilans, cicatrices refermées ou encore ouvertes.
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Guizmo appartient à cette lignée d’artistes pour qui le rap n’est pas un costume mais un exutoire. Il ne cherche pas à incarner une réussite spectaculaire ; il raconte les failles, les rechutes, les espoirs fragiles.
Dans un paysage où l’image prime souvent sur le fond, il reste l’un des derniers écorchés vifs à avoir fait de la sincérité un étendard. Et si le rap français avait encore besoin de voix comme la sienne, capables de transformer leurs cicatrices en rimes ?