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Dans l’univers du rap français, certains artistes occupent la lumière, d’autres construisent les fondations. Mehdi Maïzi met en avant l’un des producteurs les plus influents de sa génération. Une conversation dense, passionnante et révélatrice sur les coulisses de la machine à hits qu’est devenu Zeg P. 

Derrière des morceaux devenus incontournables comme “Moulaga”, “La Kiffance” ou encore plusieurs succès de Naps, Hamza, Fianso et d’autres poids lourds du rap francophone, Zeg P s’est imposé comme un producteur capable de transformer une intuition musicale en phénomène populaire. Mehdi Maïzi le présente d’ailleurs comme “l’un des producteurs les plus incontournables du rap français”, soulignant sa précision presque “chirurgicale” dans la fabrication des hits. 

L’entretien revient d’abord sur les débuts du beatmaker. Avant les certifications et les playlists géantes, Zeg P évoluait entre rap et R&B, influencé très jeune par les sonorités américaines et des artistes comme Monsieur Nov, avec qui il collaborera par la suite. Une culture musicale large qui explique aujourd’hui sa capacité à produire aussi bien des morceaux mélodiques que des bangers calibrés pour les clubs ou les plateformes de streaming. 

L’un des moments forts concerne sa rencontre avec Fianso. Zeg P raconte avec humour une première entrevue chaotique où il renverse accidentellement une bouteille sur Sofiane avant même de lui faire écouter ses productions. Une anecdote presque symbolique d’un parcours construit dans l’improvisation, l’instinct et les rencontres décisives. Cette collaboration marquera un tournant majeur dans sa carrière, notamment autour de l’album Affranchis, période où son nom commence réellement à circuler dans toute l’industrie. 

Mais ce qui ressort surtout de l’échange, c’est la vision très assumée de Zeg P sur la musique populaire. Là où une partie du rap français oppose encore crédibilité artistique et succès commercial, lui refuse cette frontière. Il revendique pleinement son envie de créer des morceaux fédérateurs, accessibles et efficaces. “J’adore la musique populaire”, affirme-t-il sans détour dans l’émission, expliquant qu’il n’a “jamais honte” des tubes qu’il a produits. 

Cette philosophie éclaire aussi son évolution récente. Longtemps resté dans l’ombre en tant que beatmaker et directeur artistique, Zeg P développe désormais son propre projet d’artiste. Son featuring avec Hamza a notamment marqué l’ouverture d’une nouvelle étape : celle d’un producteur qui veut aussi exister au premier plan. Une manière, selon lui, de montrer qu’un beatmaker peut devenir une véritable figure populaire sans rester cantonné aux crédits de fin. 

L’interview aborde également des sujets plus larges comme l’évolution du rap français, la pression du streaming ou encore l’intelligence artificielle dans la création musicale. Sur ce point, Zeg P se montre lucide : il estime que l’IA impressionne davantage aujourd’hui dans le domaine visuel que musical, même s’il reconnaît que les technologies vont profondément transformer l’industrie dans les années à venir. 

Face à lui, Mehdi Maïzi joue parfaitement son rôle de passeur culturel. Référence incontournable du journalisme rap français, il guide la discussion avec précision, laissant Zeg P développer sa vision sans tomber dans l’interview promotionnelle classique. Un format apprécié par de nombreux amateurs de rap pour sa qualité d’analyse et sa profondeur. 

Au final, cette émission raconte bien plus que la réussite d’un producteur. Elle montre comment le rap français a changé de dimension : les beatmakers ne sont plus de simples techniciens de l’ombre, mais de véritables architectes culturels capables d’imposer une direction artistique, un son et parfois même une époque. Et dans cette nouvelle génération de créateurs, Zeg P apparaît désormais comme l’un des noms les plus importants du paysage musical français. 

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