De son vrai nom Bruno Avenel, Nubi naît en août 1974 et grandit dans le quartier des Mazières à Draveil, dans l’Essonne. Une banlieue sud marquée par les contrastes, où se forge une personnalité à la fois déterminée et lucide. Rien ne le prédestine officiellement à la musique, mais le rap, encore en pleine structuration en France au milieu des années 90, va devenir son terrain d’expression.
C’est en 1995 que tout s’accélère. Au contact de Joe Villa, proche originaire de Washington D.C., Nubi découvre une autre dimension du hip-hop. Il séjourne plusieurs mois aux États-Unis, s’imprégnant de la culture et de l’énergie du rap américain. Une expérience fondatrice. De retour en France, il affine son apprentissage auprès de Pop’s (Popeye), ingénieur du son qui lui transmet les bases techniques et musicales essentielles.
Installé ensuite dans le quartier des Épinettes à Évry, Bruno multiplie les identités artistiques : Nobru, puis Nob’s, avant d’adopter définitivement le nom de Nubi. Un pseudonyme qui accompagnera toutes les étapes de sa carrière.
L’année 1996 marque un tournant décisif avec la rencontre de Qrono. Ensemble, ils fondent le groupe Futuristiq. Leur première apparition notable a lieu sur la mixtape n°25 de DJ Poska, figure incontournable du rap français indépendant. Le duo enchaîne rapidement avec un maxi et le titre “Napalm” sur la compilation Hostile Hip-Hop 2.
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En 1998, Futuristiq signe chez Secteur Ä, label mythique qui abrite alors certaines des plumes les plus marquantes du rap hexagonal. Les participations s’enchaînent : Première Classe 1 et 2, Planète Rap 2… Le groupe s’impose progressivement comme une valeur montante.
En 2001 sort l’album Demain, c’est maintenant, un projet structuré et ambitieux qui confirme leur statut de valeur sûre du rap français. Mais en 2003, l’aventure avec Secteur Ä prend fin. Une page se tourne.
En 2003, Nubi se lance en solo. Il apparaît sur Street Live et Reality Mag, attirant l’attention par son écriture incisive et son flow maîtrisé. Les collaborations se multiplient : Al Peco, le tandem Ol’Kainry / Dany Dan, ou encore diverses mixtapes comme celles de Neochrome et Représente ta rue.
On le retrouve notamment sur le remix de “Crie mon nom” aux côtés de Ol’Kainry, Dany Dan, Alibi Montana et Sefyu. Une performance qui confirme sa capacité à exister aux côtés de poids lourds du rap français.
Lorsque Qrono prend un autre virage dans sa vie, Nubi doit repartir de zéro. Il s’appuie alors sur des apparitions remarquées, notamment “Mac le biz” et “Légendaire” sur la compilation Hostile 2006. Son buzz se construit progressivement, porté par une authenticité qui séduit un public fidèle.
Dans la foulée, il fonde le Bombattak Crew avec Brasco et El Matador. Signé sur Bombattak Records, le collectif sort un album, affirmant une ligne dure et engagée. Mais des divergences artistiques conduisent Nubi à quitter le label. Un choix cohérent avec sa trajectoire : celle d’un artiste attaché à son indépendance.
Fin 2006, Nubi dévoile le street album Scarlattitude chez 707 Team, structure pilotée par Madizm et Sec.undo. Le projet, brut et introspectif, marque une étape importante dans son parcours solo. L’aventure avec 707 Team ne durera que le temps de cet opus, mais elle laisse une trace significative dans sa discographie.
En 2012, Nubi confirme son ancrage dans le rap indépendant avec la sortie de son deuxième street album, Salissures. À travers ce projet, il affirme une identité artistique plus sombre et plus incisive, portée par des textes bruts qui explorent les réalités sociales, les désillusions et les contradictions du quotidien. Fidèle à l’esprit street, l’album se distingue par une écriture authentique, des productions percutantes et une atmosphère sans concession. Salissures marque ainsi une étape importante dans son parcours, consolidant sa crédibilité auprès du public et renforçant son positionnement dans le paysage du rap français.
Artefacts Vol.5: Nubi s’inscrit dans la continuité d’une série de projets où l’exploration artistique et l’expérimentation occupent une place centrale. Nubi se distingue par une atmosphère à la fois aérienne et profonde, où les sonorités enveloppantes soutiennent des textes personnels et imagés.
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Plus de deux décennies après ses débuts, Nubi incarne une génération de rappeurs forgés dans l’ombre des majors, entre street crédibilité et exigences artistiques. Son parcours témoigne d’une constante : l’adaptation sans renier ses principes.
Ni phénomène éphémère, ni produit calibré, Nubi s’inscrit dans cette lignée d’artistes pour qui le rap reste avant tout une école de vie — et un engagement.