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Sniper – À toute épreuve : le jour où le groupe a dû apprendre à rapper sans Blacko
3 octobre 2026

Sniper – À toute épreuve : le jour où le groupe a dû apprendre à rapper sans Blacko

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Le 3 octobre 2011, Sniper revient dans les bacs avec À toute épreuve. Un titre qui sonne presque comme une promesse : après Du rire aux larmes, Gravé dans la roche et Trait pour trait, le groupe francilien doit prouver qu’il peut encore exister après plusieurs années de silence… et surtout sans Blacko. 

Car en 2011, le paysage a changé. Et Sniper aussi. 

Le retour d'un groupe qui n'est plus vraiment le même 

Au début des années 2000, Sniper avait imposé une formule immédiatement reconnaissable : les flows d’Aketo et Tunisiano, les refrains de Blacko, une écriture sociale, des morceaux capables de passer de la rue à la radio sans perdre leur identité. 

Mais après Trait pour trait, le groupe se met en retrait. 

Lorsque Sniper revient avec À toute épreuve, la formation n'est plus un trio. Blacko a quitté l'aventure et Aketo et Tunisiano portent désormais seuls le nom Sniper. Un changement majeur après près d'une décennie d'histoire commune. 

Sniper À toute épreuve

Et forcément, une question flotte au-dessus du disque : Sniper peut-il vraiment être Sniper sans Blacko ? 

« À toute épreuve » : le message est clair 

Le titre de l'album n'a rien d'anodin. 

À toute épreuve arrive après plusieurs années compliquées pour le groupe et symbolise une volonté de repartir au combat. 

Le disque s'inscrit donc dans une logique assez simple : ne pas essayer de refaire exactement le Sniper des années 2000, mais montrer qu'Aketo et Tunisiano peuvent encore défendre le blaze à deux. 

Et pour y parvenir, les deux rappeurs vont multiplier les collaborations. 

Une armée de featurings pour remplacer un troisième homme 

La tracklist est révélatrice. 

L.E.C.K apparaît sur « Chienne de vie », Reda Taliani sur « Arabia », la Sexion d'Assaut sur « Blood Diamondz », J-Mi Sissoko sur « Ange et démon », Soprano sur « J'te parle », Anahy sur « Thérapie » et Humphrey sur « On se ment ». Le projet compte 15 titres, auxquels s'ajoute notamment le bonus « Pire » sur certaines éditions. 

Une manière pour Sniper de créer de nouvelles couleurs autour du duo. 

Et certains choix sont particulièrement révélateurs de l'époque. 

Soprano, la Sexion d'Assaut, L.E.C.K… En 2011, le rap français a changé de génération. Sniper doit désormais composer avec cette nouvelle scène qui s'est installée pendant ses années d'absence. 

« Arabia » : Sniper regarde le monde brûler 

Parmi les morceaux qui attirent immédiatement l'attention, « Arabia » occupe une place particulière. 

Le morceau fait écho aux révolutions qui secouent alors plusieurs pays du monde arabe. Sniper s'inscrit une nouvelle fois dans cette tradition du rap qui observe l'actualité et tente de la transformer en texte. 

Le titre donnera même naissance à un remix réunissant plusieurs rappeurs français, parmi lesquels Sinik, Rim'K, Médine, Mister You, L'Algérino, Mokless, Haroun et Bakar. 

Quelques mois après les événements qui ont bouleversé le monde arabe, Sniper retrouve donc un terrain qu'il connaît bien : parler de société, de politique et de révolte à travers le rap. 

« Fadela », ou quand Sniper remet de l'huile sur le feu 

Et puis il y a « Fadela ». 

Le morceau provoque son lot de réactions avec un texte qui vise notamment les personnalités politiques accusées d'avoir oublié leurs origines après leur ascension. Le clip joue la carte de l'humour et de la caricature, mais le fond reste dans la tradition provocatrice de Sniper. 

Une décennie après les polémiques qui avaient accompagné « La France », le groupe n'a donc visiblement pas décidé de devenir beaucoup plus consensuel. 

Sniper reste Sniper. 

Aketo et Tunisiano : deux plumes, deux personnalités 

La vraie particularité de À toute épreuve, finalement, est peut-être là. 

Sans Blacko pour apporter ses refrains et sa couleur reggae, Aketo et Tunisiano doivent occuper tout l'espace. 

Et les deux rappeurs vont justement profiter de cette configuration pour multiplier les ambiances. 

« Blues de la tess » replonge dans l'univers de la rue. 
« J'te parle », avec Soprano, apporte une dimension plus mélodique. 
« J'essaye d'oublier » ouvre une porte plus personnelle. 
« La gueule de l'emploi » joue avec l'autodérision. 
Et « Jugement dernier » referme le disque sur une tonalité plus sombre. 

Le projet est loin de se limiter à une seule recette. 

Le paradoxe de À toute épreuve 

C'est probablement ce qui rend cet album intéressant avec le recul. 

Il porte le nom Sniper, mais il n'est plus vraiment le Sniper que le public avait découvert dix ans auparavant. 

Il y a toujours Aketo. 

Il y a toujours Tunisiano. 

Il y a toujours les textes sociaux, les constats sur la société, les histoires de rue, les morceaux plus personnels et cette volonté de ne pas fermer sa gueule. 

Mais il manque une voix. 

Celle de Blacko. 

Et plutôt que de faire semblant que rien n'a changé, À toute épreuve assume cette nouvelle réalité. 

Un album marqué par son époque 

Sorti physiquement le 3 octobre 2011, après une disponibilité numérique dès le 26 septembre, À toute épreuve arrive donc dans un rap français en pleine mutation. 

La Sexion d'Assaut est devenue incontournable. Soprano s'est imposé. De nouvelles générations de rappeurs arrivent. Les réseaux sociaux commencent à transformer la manière dont les artistes communiquent avec leur public. 

Et Sniper revient au milieu de tout ça. 

Pas question pour autant de parler simplement d'un album nostalgique. 

À toute épreuve est davantage le témoignage d'un groupe qui refuse de disparaître. 

2011 : Sniper passe l'épreuve 

Aujourd'hui, À toute épreuve raconte aussi quelque chose de plus large : la difficulté de faire survivre un groupe lorsque l'un de ses membres les plus identifiables s'en va. 

Sniper aurait pu rester prisonnier de ses souvenirs. 

Aketo et Tunisiano ont choisi de continuer. 

Alors oui, il manque . 

Oui, le Sniper de Gravé dans la roche appartient déjà au passé. 

Mais le 3 octobre 2011, deux anciens du 95 remettent quand même le bleu de chauffe. 

sniper à toute épreuve cover back

Deux voix. Un nom. Quinze titres. Et une seule question : est-ce que Sniper peut encore tenir debout ? 

Leur réponse tient en trois mots. 

À toute épreuve. 

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