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17 septembre 1968. 

Ce jour-là, à Marseille, naît Philippe Fragione. Quelques décennies plus tard, le public le connaîtra sous un autre nom : Akhenaton

Un pseudonyme emprunté à l'histoire ancienne. Un groupe : IAM. Une ville : Marseille. Et derrière tout cela, une trajectoire qui accompagne l'un des bouleversements culturels les plus importants de la France contemporaine. 

Mais pour comprendre Akhenaton, il faut commencer par une question simple : 

Comment un mouvement considéré à ses débuts comme une culture venue d'ailleurs a-t-il fini par devenir une composante majeure de la culture française ? 

L'histoire d'Akhenaton apporte une partie de la réponse. 

ACTE I — MARSEILLE, TERRAIN D'EXPÉRIMENTATION 

À l'époque où Philippe Fragione découvre le hip-hop, rien ne permet encore d'imaginer l'ampleur que prendra cette culture en France. 

Le rap français est alors en construction. 

Dans les rues, sur les radios et dans les premières émissions consacrées au hip-hop, une nouvelle génération expérimente une musique importée des États-Unis mais progressivement transformée par les réalités françaises.

À Marseille, Akhenaton et les futurs membres d'IAM construisent leur propre langage. 

Ce n'est donc pas simplement l'histoire d'un groupe qui cherche le succès. 

C'est aussi celle d'artistes qui veulent raconter leur territoire. 

ACTE II — L'EXPLOSION 

Puis arrive 1997

IAM L'École du micro d'argent

L'album devient un moment majeur du rap français. 

Et Akhenaton se retrouve au centre d'un phénomène qui dépasse largement Marseille. 

Le rap change d'échelle. 

Les textes deviennent des objets d'analyse. Les références historiques et culturelles se multiplient. Les morceaux racontent les quartiers, la famille, les discriminations, les rapports sociaux, mais aussi les rêves et les contradictions d'une génération. 

À ce moment-là, une question commence à se poser : 

IAM est-il simplement un groupe de rap à succès, ou est-il en train de participer à la légitimation d'une culture entière ?

L'histoire du hip-hop français apportera progressivement sa réponse. 

ACTE III — AKHENATON SORT DU CADRE 

Mais réduire Akhenaton à IAM serait une erreur. 

En 1995, il publie Métèque et mat, son premier album solo. 

Akhenaton Métèque et mat

Puis viennent d'autres projets. 

Musique. Production. Cinéma. 

En 2000, Akhenaton apparaît ainsi sur Canal+ aux côtés de Kamel Saleh pour parler de Comme un aimant, film qu'ils ont coécrit. 

film comme un aimant

Ce détail est important. 

Car le parcours d'Akhenaton raconte aussi quelque chose de l'évolution du rap lui-même. 

Au départ, il s'agit d'une culture que beaucoup découvrent avec curiosité. 

Puis elle devient une industrie. 

Puis une force culturelle. 

Et certains de ses représentants commencent à investir le cinéma, la production et d'autres secteurs artistiques. 

ACTE IV — LE RAP COMME CONTRE-POUVOIR ? 

C'est ici que le portrait devient plus complexe. 

Akhenaton n'a jamais été seulement un interprète. 

Dans ses textes comme dans ses prises de parole publiques, il aborde régulièrement des questions de société. 

Racisme. Inégalités. Liberté. Identité. Marseille. France. 

Mais cette dimension engagée pose également une question fondamentale : 

Que se passe-t-il lorsqu'un artiste issu d'une culture contestataire devient lui-même une institution ?

Le paradoxe est là. 

Celui qui participe à la contestation peut devenir une figure consacrée. 

Celui qui représente une culture marginalisée peut devenir une référence nationale. 

Et celui qui rappe contre certaines formes de pouvoir finit parfois par être lui-même invité dans les institutions culturelles et médiatiques. 

Ce paradoxe ne concerne pas uniquement Akhenaton. Il accompagne l'histoire du hip-hop français tout entière. 

ACTE V — CE QUE RACONTE VRAIMENT LE 17 SEPTEMBRE 

Le 17 septembre est donc plus qu'une date d'anniversaire. 

C'est un point de départ. 

Philippe Fragione naît en 1968. 

Quelques années plus tard, il découvre une culture qui vient d'outre-Atlantique. 

Puis il devient Akhenaton

Puis membre d'IAM

Puis artiste solo. 

Puis producteur. 

Puis scénariste et acteur du développement d'autres projets artistiques. 

Et pendant ce temps, le rap français change de statut. 

Ce qui était considéré comme une culture périphérique devient progressivement incontournable. 

LE DERNIER MOT 

Il serait facile de raconter Akhenaton comme une success story. 

Ce serait pourtant passer à côté de l'essentiel. 

Son parcours est intéressant précisément parce qu'il accompagne une transformation collective. 

L'histoire d'Akhenaton n'est pas seulement celle d'un rappeur né un 17 septembre. 

C'est celle d'un homme qui a grandi avec une culture en train de naître et qui, avec IAM et d'autres acteurs de cette génération, a contribué à la faire entrer dans l'histoire musicale française. 

La vraie enquête n'est donc peut-être pas : 

« Qui est Akhenaton ? » 

Mais plutôt : 

« Comment le rap français est-il passé de la marge au centre ? » 

Et sur cette question, les archives racontent une histoire particulièrement révélatrice. 

Une histoire qui commence notamment à Marseille. 

Et dont l'un des visages porte depuis plusieurs décennies un nom de pharaon : 

Akhenaton. 

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