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📚 Alexis Onestas : bâtir des ponts culturels entre les États-Unis et la francophonie
23 janvier 2026

📚 Alexis Onestas : bâtir des ponts culturels entre les États-Unis et la francophonie

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Dans cette nouvelle saison de Grice TV, Alexis Onestas, premier invité, revient sur son parcours hors norme, à la croisée du hip-hop, de la communication, de l’entrepreneuriat et de l’édition. Un itinéraire singulier, forgé dès l’adolescence dans les rues d’Épinay-sur-Seine, et qui l’a mené, des fanzines faits à la main aux projets culturels internationaux, sans jamais rompre le fil de la transmission. 

Une claque fondatrice : le rap comme révélation 

Né en 1982, Alexis Onestas grandit dans le centre-ville d’Épinay-sur-Seine. Très jeune, il veille tard avec ses frères pour regarder Rapline, l’émission culte animée par Olivier Cachin sur M6. Mais c’est un moment précis qui agit comme un déclic : la diffusion du clip « Le Pouvoir » de Suprême NTM, tourné en bas de chez sa tante à Saint-Denis. Pour le jeune Alexis, la claque est autant musicale que symbolique : le rap parle de son monde, de ses rues, de son quotidien. 

Rapidement, il s’immerge dans toutes les disciplines du hip-hop — danse, graffiti, rap — avant de se concentrer sur l’écriture et le micro, influencé notamment par son frère Tony Grenaille. Ses premiers textes rédigés, il adopte le pseudonyme Omax

Omax6mum : l’intuition entrepreneuriale avant l’heure 

Parallèlement à ses passions artistiques, Alexis découvre en cours les principes du dépôt de marque. À seulement 16 ans, presque par intuition, il dépose le nom Omax6mum à l’INPI, sans imaginer encore l’ampleur que cette identité prendra dans les années à venir. 

Côté musique, Omax monte sur scène, assure des premières parties et apparaît sur la mixtape « MC’s en Faktion » de DJ Pay’One et Saphyr en 1999. Un projet devenu culte, où figurent notamment Les Spécialistes, Agression Verbale, Rockin’ Squat, Octobre Rouge, Diam’s, Sniper ou encore IPM

Le renoncement au micro, le choix du sens 

Lors d’un open mic, Omax remporte un concours lui donnant accès à une scène exceptionnelle : un concert à la prison de Fleury-Mérogis. Mais la semaine précédant l’événement, une profonde remise en question s’opère. Face à des détenus condamnés, il interroge la légitimité de ses textes revendicatifs et son propre confort de vie. La décision est radicale : il arrête le rap

Plutôt que de s’exprimer par le micro, Alexis choisit désormais de promouvoir le hip-hop autrement : par l’écrit. 

Omax6mum, le fanzine : écrire l’histoire de l’intérieur 

Inspiré par Sear (Authentik, Get Busy), Alexis se lance dans la presse hip-hop indépendante et crée le fanzine Omax6mum. Les articles sont tapés sur l’ordinateur familial, imprimés, puis agrafés à la main

Le numéro zéro est consacré aux rappeurs d’Épinay-sur-Seine, avec une couverture dédiée à Busta Flex, figure locale devenue emblématique. Très vite, Alexis élargit son champ : il traîne à Châtelet, attend les artistes à la sortie des studios, décroche des interviews — notamment grâce à une rencontre déterminante avec Fabe

Le fanzine gagne en notoriété. Le troisième numéro est consacré au collectif BOSS, et le courant passe avec JoeyStarr, qui lui ouvre les portes de son studio pour assister à l’émission SkyBOSS. Les maisons de disques suivent, les artistes aussi. 

Serveur, distributeur de flyers, puis responsable communication chez Urban Act, Alexis finance seul son projet. Il écrit, photographie, met en page, imprime et distribue. Neuf numéros verront le jour, avec des interviews de Rocca, Kool Shen, Lord Kossity, Don Choa, Matt, Factor X, Busta Flex, entre autres. 

Du papier au digital : l’ère internet 

Avec l’arrivée du web, Alexis crée le site Omax6mum, dédié à l’actualité hip-hop et aux événements parisiens. Il poursuit son travail journalistique aux côtés de Rachid Santaki sur Hiphop.fr (papier et numérique), mais aussi sur 5Style et Get Busy avec Sear

En parallèle, il ne lâche pas les études et obtient une Licence en information-communication, posant les bases académiques de ce qu’il pratique déjà sur le terrain. 

Royal Wear, agences et grandes campagnes 

Sa rencontre avec Sully Sefil marque une nouvelle étape : Alexis participe au développement de la marque Royal Wear. Il bénéficie d’une liberté totale en communication : campagnes dans le métro et à la télévision, soirées promotionnelles avec Snoop Dogg — qui enregistrera même un morceau pour la marque — et création d’un parfum primé chez Marionnaud, devant de grands noms de la couture. 

Après quatre ans, l’aventure s’achève. Alexis s’associe ensuite à Didier Piquionne pour fonder Make It Clap Communication, une agence dédiée aux événements urbains et caribéens. Concerts de Rick Ross, Kassav’, Admiral T, collaborations avec Reebok, et sept années consacrées aux soirées Hip Hop Loves Soul

Après dix ans d’un rythme intense, Alexis revend ses parts et fonde Omax6mum Communication

Transmission, enseignement et édition 

Aujourd’hui, Alexis Onestas est à la tête de trois agences

  • Omax6mum (urbain), 

  • Environnement (pop), 

  • Ublo (afro-caribéen). 

Il enseigne également l’économie numérique à la Sorbonne et accompagne des artistes comme Busta Flex, Hatik, tout en collaborant avec des figures majeures telles que The Game, Snoop Dogg, 50 Cent, JoeyStarr, Neg’ Marrons, Alpha Wann

Porté par une fibre entrepreneuriale intacte, il se lance aussi dans l’immobilier et fonde OmaxBooks, maison d’édition dédiée à la traduction et à la diffusion d’ouvrages internationaux, notamment issus de la culture afro-américaine. 

đź“– OmaxBooks : une maison d’édition qui traverse les frontières 

La création de OmaxBooks marque un tournant décisif dans la trajectoire d’Onestas. Fondée pour combler un manque sur le marché francophone, la maison d’édition se spécialise dans la traduction, l’édition et la distribution d’ouvrages américains inspirants, souvent écrits par des créateurs et artistes afro-américains célèbres. 

De nombreuses œuvres publiées sous ce label n’étaient jusqu’alors jamais disponibles en français, privant ainsi des millions de lecteurs francophones de récits puissants et motivants. Parmi les titres traduits figurent des livres liés à des artistes et entrepreneurs comme 50 Cent, Rick Ross, Issa Rae ou encore Common, dont les histoires mêlent inspiration, défis personnels et vision entrepreneuriale. 

Dans l’interview, Onestas explique que chaque livre publié doit être bien plus qu’une simple traduction : il s’agit de transmettre un message culturel et émotionnel intact, capable de toucher un public intergénérationnel. 

🎯 Une stratégie tournée vers l’international 

L’ambition d’Onestas dépasse largement les frontières françaises. Depuis Paris, il planifie une expansion internationale de OmaxBooks, visant à atteindre les 300 millions de francophones dans le monde, notamment en Europe, en Afrique francophone et au Canada. 

Cette vision globale se reflète également dans son approche de l’édition : obtenir les droits mondiaux avant même de vendre un seul exemplaire, nouer des partenariats avec des distributeurs africains et penser chaque lancement de livre comme un événement culturel. 

Si la vidéo illustre son état d’esprit entrepreneurial — la résilience, la créativité et la capacité à transformer les obstacles en opportunités — les engagements d’Onestas s’inscrivent dans un projet plus large de représentation et d’accès à la culture pour tous

đź’¬ Entreprendre avec sens : au-delà de la réussite personnelle 

Au fil de l’interview, Alexis Onestas insiste sur l’importance de donner du sens à son travail. Pour lui, entreprendre ce n’est pas seulement créer une entreprise ou générer du profit : c’est répondre à un besoin réel, partager des histoires qui inspirent et contribuer à l’ouverture culturelle

Cette philosophie transparaît dans tous ses projets — qu’il s’agisse de communication, d’édition ou d’initiatives internationales — et en fait aujourd’hui l’une des figures inspirantes de l’entrepreneuriat culturel francophone. 

Conclusion 

De l’enfant scotché devant Rapline au bâtisseur de projets culturels globaux, Alexis Onestas incarne une génération qui a su transformer la passion en structure, la culture en entreprise, et l’héritage hip-hop en outil de transmission. Une trajectoire cohérente, sincère, et profondément ancrée dans l’idée que le rap, et plus largement la culture, sont avant tout des leviers d’émancipation

L’entretien avec Alexis Onestas dévoile un entrepreneur visionnaire et engagé, prêt à redéfinir les contours de l’édition et de la communication culturelles. Par ses projets, il invite chacun à repenser l’accès à la connaissance et à travers ses initiatives, à créer des ponts culturels durables entre les mondes anglophones et francophones. 

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