L’album Mèlaaz de la rappeuse française Mèlaaz, sorti le 25 septembre 1995 sur les labels BLG et Ariola, est une œuvre singulière dans le paysage du rap hexagonal des années 1990. Cet opus éponyme se distingue par son approche hybride, mêlant rap, soul, jazz et musique afro-caribéenne, ce qui en fait un projet à la croisée des genres.
Art Direction – Bronx
Design [Spécial] – Bronx
Mixed By Zdar
Mixed By [Assisant] Grand Stéphane, Hugo Tonal, Jim Poitevin, Pascal Colomb, Pierre Bezon Lours, Supa Grace et Valerie Conroux
Photography By Yan Leuvrey
Producer – Philippe Zdar Cerboneschi (pistes : 1 to 8, 10 to 15) et Rudlion (pistes : 9)
Recorded By Etienne De Crecy (pistes : 1 to 8, 10 to 15) et Philippe Zdar (pistes : 1 to 8, 10 to 15)
Mèlaaz – Melaaz (covers)
L'album s’ouvre avec des productions soignées qui empruntent autant au hip-hop qu’à la tradition soul et jazz. Les instrumentations organiques (cuivres, piano, contrebasse) s’opposent à la froideur des beats électroniques typiques du rap de l’époque. Mèlaaz navigue entre mélodies et spoken word, mettant en avant une sensibilité musicale rare dans le rap français des années 1990. Ce mélange audacieux rappelle des artistes comme MC Solaar ou IAM dans leur quête d’un rap enrichi par d’autres influences.
Sur le plan des paroles, Mèlaaz est un véritable manifeste. L'artiste aborde des thématiques sociales et personnelles avec une plume poétique et tranchante. Elle traite des inégalités, du racisme, de la condition féminine, et des relations humaines avec une grande finesse. Des morceaux comme Non, Non, Non dénoncent le sexisme, tandis que Le seul remède explore les complexités des relations amoureuses.
Malgré ses qualités, l’album Mèlaaz n’a pas connu un succès commercial fulgurant, probablement en raison de son positionnement atypique. À une époque où le rap hardcore et la street credibility dominaient, Mèlaaz a choisi une voie plus douce et introspective. Pourtant, son impact sur la scène rap/soul française est indéniable, influençant des artistes comme Diam’s ou même Gaël Faye dans leur manière de mêler musicalité et engagement.
Points forts :
Une richesse musicale remarquable
Une écriture fine et engagée
Une interprétation pleine de sincérité
Points faibles :
Un manque de cohésion dans le ton global de l’album, oscillant parfois entre soul et rap sans s’affirmer pleinement dans un genre
Une visibilité limitée à sa sortie, ce qui a empêché Mèlaaz de toucher un public plus large
En somme, Mèlaaz est un album à redécouvrir pour ses qualités musicales et sa profondeur lyrique. Il témoigne d’une époque où le rap français explorait encore ses frontières, et où des artistes comme Mèlaaz ouvraient des voies nouvelles, souvent avant-gardistes.
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